Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L'aventure - petite biographie de Jankélévitch

Vladimir Jankélévitch est né à Bourges le 31 août 1903. Son père, Samuel (1869-1951), né à Odessa (actuellement en Ukraine), a émigré en France à cause des lois discriminant les Juifs dans l’empire russe de 1882 sans compter les pogroms encouragés par les Tsars Alexandre III (1845-1881-1894) puis Nicolas II (1868-1894-1917-1918). Étudiant la médecine à Montpellier, il rencontre son épouse Anna Ryss, elle-même originaire de Rostov (Russie) qui devient aussi médecin. Ils ont trois enfants : Ida (future femme du poète Jean Cassou), Vladimir et Léon (futur diplomate). Son père est un traducteur (allemand, anglais, russe, italien), notamment de Freud (1856-1939), des philosophes Schelling (1775-1854) et Hegel (1770-1831). En 1904, ses parents lui obtiennent la nationalité française. Une tante réfugiée, professeur au conservatoire, lui apprend le piano. Il sera autant musicien et musicologue que philosophe. Il entre à l’École Normale Supérieure en 1922. Il étudie la philosophie. Il a pour professeur Léon Brunschvicg (1869-1944). Il rencontre Bergson (1859-1941) en 1923. En 1924, Jankélévitch publie un article où il défend l’œuvre de Bergson. En 1926, il est reçu 1er à l’agrégation.

De 1927 à 1932, il enseigne à l’Institut français de Prague. Il rédige ses thèses, la principale, L’Odyssée de la conscience dans la dernière philosophie de Schelling et la complémentaire, Valeur et signification de la mauvaise conscience qu’il publiera. Avant cela, il fait publier son Henri Bergson en 1931 et sa thèse complémentaire, Valeur et signification de la mauvaise conscience.

En 1933, il publie sa thèse : L’Odyssée de la conscience dans la dernière philosophie de Schelling. De retour en France, il enseigne en lycée avant d’enseigner à l’université de Toulouse à partir de 1936, puis en 1938, à celle de Lille.

En 1940, le régime de Vichy lui retire sa nationalité française et son poste. Il entre dans la clandestinité à Toulouse et s’engage dans la résistance. Il fait venir sa famille à Toulouse. Après la guerre, il reprochera à Jean-Paul Sartre (1905-1980) de ne pas s’être réellement engagé alors qu’il théorisait sur l’engagement (allusion dans L’aventure, l’ennui et le sérieux, chapitre I, p.129, GF Flammarion).

C’est en 1947 qu’il retrouve son poste de professeur à Lille. Puis de 1951 à 1979, il est professeur titulaire de la chaire de philosophie morale à Paris-Sorbonne.

En 1965, Jankélévitch s’insurge contre l’idée que les crimes nazis puissent être prescrits.

En 1968, il est aux côtés des étudiants dans leur révolte. En 1979, il participe aux États généraux de la philosophie initié par le philosophe Jacques Derrida (1930-2004) pour sauver l’enseignement de la philosophie en terminale, menacée par le pouvoir giscardien. Il déclare alors : « Laissez-vous réformer ! Laissez-vous faire ! Vous ne sentirez rien ! Un beau matin vous vous réveillerez et il n'y aura plus de philosophie...On vous l'aura enlevée dans votre sommeil ; sans que vous vous en aperceviez ».

Il meurt le 6 juin 1985 à Paris.