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corrigé d'un résumé de Max Weber sur le pouvoir charismatique

Sujet.

Résumez le texte suivant en 120 mots (plus ou moins 10%). Vous indiquerez les sous totaux de 20 en 20 (20, 40, …) par un trait vertical et par le chiffre correspondant dans la marge. Vous indiquerez obligatoirement votre total exact à la fin de votre résumé.

 

Il existe en principe (…) trois raisons internes qui justifient la domination, et par conséquent il existe trois fondements de la légitimité. Tout d’abord l’autorité de l’« éternel hier », c’est-à-dire celle des coutumes sanctifiées par leur validité immémoriale et par l’habitude enracinée en l’homme de les respecter. Tel est le « pouvoir traditionnel » que le patriarche ou le seigneur terrien exerçaient autrefois. En second lieu l’autorité fondée sur la grâce personnelle et extraordinaire d’un individu (charisme) ; elle se caractérise par le dévouement tout personnel des sujets à la cause d’un homme et par leur confiance en sa seule personne en tant qu’elle se singularise par des qualités prodigieuses, par l’héroïsme ou d’autres particularités exemplaires qui font le chef. C’est là le pouvoir « charismatique » que le prophète exerçait, ou – dans le domaine politique – le chef de guerre élu, le souverain plébiscité, le grand démagogue ou le chef d’un parti politique. Il y a enfin l’autorité qui s’impose en vertu de la « légalité », en vertu de la croyance en la validité d’un statut légal et d’une « compétence » positive fondée sur des règles établies rationnellement, en d’autres termes l’autorité fondée sur l’obéissance qui s’acquitte des obligations conformes au statut établi. C’est là le pouvoir tel que l’exerce le serviteur de l’État moderne, ainsi que tous les détenteurs du pouvoir qui s’en rapprochent sous ce rapport.

Il va de soi que dans la réalité des motifs extrêmement puissants, commandés par la peur ou par l’espoir, conditionnent l’obéissance des sujets – soit la peur d’une vengeance des puissances magiques ou des détenteurs du pouvoir, – soit l’espoir en une récompense ici-bas ou dans l’autre monde ; mais elle peut également être conditionnée par d’autres intérêts très variés. (…) Quoi qu’il en soit, chaque fois que l’on s’interroge sur les fondements qui « légitiment » l’obéissance, on rencontre toujours sans contredit ces trois formes « pures » que nous venons d’indiquer.

Ces représentations ainsi que leur justification interne sont également d’une très grande importance pour la structure de la domination. Il est certain que dans la réalité on ne rencontre que très rarement ces types purs. (…)

Pour le moment nous porterons particulièrement notre attention sur le deuxième type de légitimité, à savoir le pouvoir issu de la soumission des sujets au « charisme » purement personnel du « chef ». En effet, ce type nous conduit à la source de l’idée de vocation, où nous retrouvons ses traits les plus caractéristiques. Si certains s’abandonnent au charisme du prophète, du chef en temps de guerre, du très grand démagogue au sein de l’ecclésia[1] ou du Parlement, cela signifie que ces derniers passent pour être intérieurement « appelés » au rôle de conducteur d’hommes et qu’on leur obéit non pas en vertu d’une coutume ou d’une loi, mais parce qu’on a foi en eux. Certes, s’il est plus qu’un petit parvenu présomptueux du moment, il vit pour sa chose, il cherche à accomplir son œuvre. Par contre c’est uniquement à sa personne et à ses qualités personnelles que s’adresse le dévouement des siens, qu’ils soient des disciples, des fidèles ou encore des militants liés à leur chef. L’histoire nous montre que l’on rencontre des chefs charismatiques dans tous les domaines et à toutes les époques historiques. Ils ont cependant surgi sous l’aspect de deux figures essentielles, celle du magicien et du prophète d’une part et celle du chef de guerre élu, du chef de bande et du condottiere[2] de l’autre. Mais ce qui est propre à l’Occident – et cela nous intéresse plus spécialement – c’est la figure du libre « démagogue ». Celui-ci n’a triomphé qu’en Occident, au sein des cités indépendantes, particulièrement dans les pays de civilisation méditerranéenne. De nos jours ce même type se présente sous l'aspect du « chef d’un parti parlementaire » ; on ne le rencontre de même qu’en Occident qui est la terre des États constitutionnels.

Ce genre d’hommes politiques par « vocation », au sens propre du terme, ne constitue évidemment dans aucun pays la seule figure déterminante de l’entreprise politique et de la lutte pour le pouvoir. Le facteur décisif consiste plutôt dans la nature des moyens dont les hommes politiques disposent. De quelle manière les forces politiques dominantes s’y prennent-elles pour affirmer leur autorité ? Cette question concerne toutes les espèces de domination et par conséquent elle vaut également pour toutes les formes de domination politique, qu’elle soit traditionaliste, légaliste ou charismatique.

Max Weber, Le savant et le politique, « Le métier et la vocation d’homme politique », 1919

 

Corrigé.

1) Analyse et remarques sur le texte.

Weber distingue d’abord trois formes de légitimation du pouvoir. La forme traditionnelle s’appuie sur la coutume et sa répétition. La deuxième forme est celle du charisme. Un homme fascine par des qualités que les autres lui prêtent et lui obéissent. La troisième forme est la forme légale où règne l’idée d’une compétence qui provient d’une certaine rationalité où les lois jouent un rôle important.

Weber précise que les formes de pouvoir n’interdisent pas de voir l’obéissance des sujets du côté des motifs de la peur ou de l’espoir. Nonobstant cela, il précise que toutes les formes de pouvoir légitimes se situent dans les trois qu’il a distinguées. Autrement dit, les motifs réels ne sont pas tous légitimes.

Il s’intéresse plus particulièrement au pouvoir charismatique. Il lui paraît important dans la mesure où il manifeste la vocation d’homme politique. Ce qui importe, c’est que le sujet trouve au chef des qualités, qu’il les ait ou non. Dans le premier cas, le chef croit en lui et surtout, les autres croient en lui. Dans le second, ce sont seulement les autres qui croient en ses qualités. Les deux types de pouvoir charismatiques qui sont universels sont celui de l’homme de guerre et celui du prêtre. Par contre, le type propre à l’Occident est le démagogue.

Max Weber précise que le charisme n’est pas suffisant. Il faut qu’il y ait des forces politiques pour qu’un pouvoir soit possible. Quelles sont-elles ? Telle est la question valable pour tous les types de pouvoir.

 

2) Idées essentielles.

  1. Il y a trois types de pouvoir, le traditionnel qui repose sur les coutumes, le charismatique qui repose sur les qualités d’un chef et le légal qui repose sur des lois rationnelles.
  2. Des raisons subjectives font obéir les sujets.
  3. La légitimité reste cependant aux trois formes de pouvoir qui sont souvent mêlés.
  4. Le pouvoir charismatique permet d’analyser la vocation d’homme politique.
  5. L’homme du pouvoir charismatique est obéi à cause des qualités que ses sujets lui attribuent. Universellement, Il est soit religieux soit guerrier. Le démagogue apparaît seulement en Occident.
  6. Le charisme ne suffit pas pour qu’il y ait pouvoir.
  7. La question est celle des forces politiques qui se pose pour les trois formes de pouvoir.

 

3) Proposition de résumé.

Trois motifs justifient la domination et donc trois principes du pouvoir légitime. Premièrement, la coutume fait le pouvoir traditionnel. Deuxièmement, (20) la personne exceptionnelle fait le pouvoir charismatique. Troisièmement, les lois rationnelles font le pouvoir légal.

Or, d’autres raisons, peur, (40) espoir, … font obéir les sujets. Toutefois, la légitimation vient toujours des trois pouvoirs souvent mélangés.

Le second type permet d’(60) analyser la vocation. L’homme exceptionnel donne foi à ses sujets en ses qualités. On le trouve dans toute l’histoire (80) sous deux aspects essentiels : le religieux et le guerrier. En Occident, un type spécifique apparaît : le démagogue.

Mais l’homme (100) charismatique ne suffit pas pour comprendre la politique. Quelles forces exercent le pouvoir ? Cette question est posée à tout pouvoir.

120 mots

 

 


[1] Assemblée en grec ancien, à savoir dans les cités-États grecs, l’assemblée du peuple qui gouverne.

[2] Chef d’une armée de mercenaires dans l’Italie médiévale.

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