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Tocqueville, courte biographie

Alexis-Henri-Charles Clérel, comte de Tocqueville est né à Paris le 29 juillet 1805 dans une famille d’aristocrates normands viscéralement opposés à la révolution française. Il étudie le droit et entre à 22 ans dans la magistrature.

Il a 26 ans lorsqu’il est envoyé avec Gustave de Beaumont (1802-1866) aux États-Unis pour y étudier le système carcéral. Son séjour dure du 11 avril 1831 au 20 février 1832. Il y trouvera la matière de son célèbre ouvrage, De la démocratie en Amérique, qu’il publie en 1835 pour le premier tome et 1840 pour le second. Entre temps, il publie en 1836 L’état social et politique de la France.

Il devient député de la Manche en 1839 puis conseiller général de la Manche en 1842 sous la monarchie de Juillet. Les journées révolutionnaires des 22 au 25 février 1848 instaure la République, la seconde. Tocqueville approuve la répression sanglante des ouvriers en juin 1848, massacrés par les troupes coloniales (4000 morts et 4000 déportés en Algérie). Il est élu à l’assemblée constituante en juillet et s’inscrit dans le parti de l’Ordre, c’est-à-dire des conservateurs. En 1849, il devient président du conseil général de la Manche. Puis, il est ministre des affaires étrangères du nouveau président, Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873). Hostile au coup d’État du 2 décembre 1851 fomenté par le président et à l’instauration du IIème empire le 2 décembre 1852, Tocqueville se retire dans son château de Tocqueville espérant dans le comte de Chambord, héritier du trône de France. Il publie en 1856 la première partie de L’Ancien régime et la révolution, la seconde partie est inachevée.

Il meurt à Cannes le 16 avril 1859.

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Servitude et soumission - biographie de Montesquieu

L’édition utilisée est :

Montesquieu, Lettres persanes, présentation par Laurent Versini, dossier par Laurence Macé, GF Flammarion n°1482, 1995, 2016.

 

Charles-Louis de Secondat, futur baron de La Brède et de Montesquieu, connu sous le nom de Montesquieu, naît le 18 janvier 1689 au château de La Brède (Guyenne, à côté de Bordeaux). Il est le fils de Jacques de Secondat (1654-1713), et de Marie-Françoise de Pesnel (1669-1720), baronne de La Brède. Il appartient à une famille de magistrats qui a acquis la noblesse par l’épée durant la guerre de cent ans. Il a pour oncle, Jean-Baptiste de Secondat, l’aîné, écuyer, baron de Montesquieu, seigneur de Castelnouvel, Talence et Raymond, président à mortier au Parlement de Bordeaux ( ?-1716). Ses parents lui choisissent pour parrain, Charles, un mendiant, afin qu’il se souvienne toute sa vie que les pauvres sont ses frères.

Le 16 octobre 1696, sa mère meurt après avoir mis au monde une fille.

De 1700 à 1705, il fait ses humanités chez les oratoriens au collète de Juilly (dans l’actuelle Seine-et-Marne à une trentaine de kilomètres de Paris). Il étudie la philosophie au collège d’Harcourt (actuellement Saint-Louis) à Paris.

De 1705 à 1708, il étudie le droit à Bordeaux.

Le 26 février 1708, Louis XIV rappelait aux curés l’obligation de renouveler, tous les trois moi, la lecture de l’édit de février 1556 d’Henri II (1519-1547-1559) qui stipulait que les filles enceintes bien que non mariées doivent avertir un officier ministériel de leur « état » : « quoique la licence et le dérèglement des mœurs qui ont fait de continuels progrès depuis le temps de cet édit en rendent tous les jours la publication plus nécessaire. » (cf. Lettres persanes, lettre CXX d’Usbek à Rhédi). Le 29 juillet, Charles de Secondat est bachelier en droit. Le 12 août, il est licencié en droit et est reçu avocat au parlement de Bordeaux le 14.

De 1709 à 1713, il séjourne à Paris.

En 1710, paraissent les Essais de Théodicée de Leibniz (1746-1716). Montesquieu va les lire puisqu’il en discutera des thèses dans les Lettres persanes (lettre LXIX sur la conciliation entre la prescience divine et la liberté de l’homme et lettre LXXXIII sur la justice divine et le mal). Il constitue un recueil de notes juridiques sur le droit romain, la Collectio juris, qu’il continuera jusqu’en 1721.

Le 17 avril 1711, Joseph 1er (1678-1705-1711), empereur du saint empire romain germanique, meurt (cf. Lettres persanes, lettre CXXX de Rica à ***, la lettre d’un nouvelliste, p.296).

En 1713, il rencontre un chinois nommé Arcadio Hoange (1679-1716), converti au catholicisme, qui a suivi des missionnaires jésuites. Le 13 septembre, le pape Clément XI (1649-1700-1721) édite la bulle Unigenitus ou Constitution (cf. Lettres persanes, lettre XXIV) qui condamne 111 propositions du père Quesnel, ce qui revient à condamner le jansénisme. Le 15 novembre, son père meurt. Il devient baron de la Brède.

Le 12 février 1714, Charles de Secondat achète une charge de conseiller du parlement de Bordeaux. Le 15 novembre, son père meurt. Antoine Houdar de La Motte (1672-1731), poète et académicien qui ignore le grec, met en alexandrins la traduction de l’Iliade d’Anne Dacier (1645-1720) de 1711. Il la réduit de moitié. Il fait précéder sa traduction d’un Discours sur Homère où il remet en cause l’existence du poète mais surtout critique ses défauts littéraires. Madame Dacier réplique avec son ouvrage Des Causes de la corruption du goût : la seconde querelle des Anciens et des Modernes est lancée (cf. Lettres persanes, lettre XXXVI ; lettre CXXVIII de Rica à Usbek, p.292 ; cf. Cammagre Geneviève, « De l’avenir des Anciens. La polémique sur Homère entre Mme Dacier et Houdar de La Motte », Littératures classiques 2/2010, n° 72, p.145-156).

Le 30 avril 1715 à Bordeaux, il épouse Jeanne de Lartigue (1689-1770), une protestante de l’Agenais et de Martillac, terres enclavées dans la baronnie de la Brède (actuellement une commune de la Gironde). Elle est issue d’une riche famille et de noblesse récente. Elle lui apporte l’importante dot de 100 000 livres. Il s’installe rue Margaux (au 29) à Bordeaux. Le 1er septembre, le vieux roi Louis XIV (1638-1715) meurt (cf. Lettres persanes, lettre XCII d’Usbek à Rhédi : « Le monarque qui a si longtemps régné n’est plus. »). Son arrière petit-fils lui succède sous le nom de Louis XV (1710-1774) : le « jeune roi » (Lettres persanes, lettre CVII de Rica à Ibben) a cinq ans. Le 4 septembre, le Parlement de Paris casse son testament qui avait donné certains pouvoirs à ses bâtards, notamment le duc du Maine (1670-1736). Philippe d’Orléans (1664-1723) devient pleinement régent. En septembre, il met en place la polysynodie, un système de conseil qui associe la noblesse organisé par domaines. Elle vise à remplacer les secrétaires d’État du ministère à la façon de Louis XIV (cf. Lettres persanes, lettre CXXXVIII de Rica à Ibben, p.316). En décembre, Montesquieu adresse au régent un Mémoire sur les dettes de l’État. C’est peut-être à cette époque qu’il rédige un Discours sur Cicéron. Dans la nouvelle querelle des anciens et des modernes, Houdar de la Motte réplique à Madame Dacier avec ses Réflexions sur la critique.

Le 10 février 1716, naît à Martillac son fils Jean-Baptiste de Secondat (1716-1795). Jean Baptiste de Secondat, son oncle, perd son fils unique. Il lègue à Charles-Louis ses biens. Le 3 avril, il est élu à l’Académie de Bordeaux. Le 24 avril, son oncle, Jean-Baptiste de Secondat meurt. Charles-Louis hérite d’une vraie fortune et de la baronnie de Montesquieu, dont il prend le nom. En juin et août, le nouveau Montesquieu lit à l’académie de Bordeaux une communication Sur la politique des romains dans la religion. Le 13 juillet, il succède à la charge de président à mortier du parlement de Bordeaux. Le 28 septembre, Montesquieu fonde à l’Académie de Bordeaux un prix d’anatomie de 300 livres (un journalier gagne à cette époque 112 livres par an pour 250 jours de travail).

Le 2 mai 1716, un édit autorise l’écossais John Law (1671-1729) à créer la Banque générale avec un capital de six millions de livres réparties en 1 200 actions de 5 000 livres. La Banque rembourse les billets qu’elle émet en or ou en argent sans tenir compte des cours changeants de sorte que les billets acquièrent une valeur supérieure. Le 14 mai, le régent crée une chambre de justice pour enquêter sur les malversations des financiers (cf. Lettres persanes, lettre XCVIII d’Usbek à Ibben). Durant l’hiver 1716/1717, il séjourne à Paris.

Le 22 janvier 1717 naît sa fille Marie-Catherine de Secondat (1717-1784). Le 10 avril 1717, un nouvel édit élargit les privilèges de la banque créée par Law : les billets qu’elle émet, convertibles à vue, peuvent être reçus en paiement des impôts. Le 23 août, Law obtient la rétrocession des privilèges de la Compagnie de la Louisiane. Le 6 septembre, Law crée la Compagnie d’Occident, pour les colonies françaises d’Amérique et du Sénégal, surnommée la Compagnie du Mississippi. Il obtient alors le monopole commercial de la Louisiane pour vingt-cinq ans, avec pour objectif de peupler la colonie de 6 000 blancs et de 3 000 noirs en dix ans, pour concurrencer l’Espagne et l’Angleterre. Son capital s’élève à 100 millions de livres, réparties en 200 000 actions payables en papier d’État, comportant 4 % de dividendes. C’est un succès : la Louisiane passe pour un pays de cocagne, ce qui attire les capitaux, mais les colons guère nombreux au départ le font surtout pour échapper aux galères. L’opération permet de régler 60 millions de livres de dette publique. Le 15 novembre, Montesquieu lit une communication Sur la différence des génies. L’Éloge de la sincérité est non daté. C’est en 1717 au plus tôt qu’il se procure une édition datée de cette année du roman épistolaire L’espion turc (italien 1684 ; français 1686) de Giovani Paolo Marana (1642-1693) qu’on a retrouvée dans sa bibliothèque. Il lit les Mémoires du cardinal de Retz (1613-1679), rédigées entre l’automne 1675 et le printemps 1677, qui viennent de sortir de façon posthume (cf. Lettres persanes, lettre CXI d’Usbek à ***). Le Czar Pierre 1er (1672-1725) dit Pierre le grand passe trois mois à Paris.

Durant l’hiver 1717/1718, il séjourne à nouveau à Paris.

En 1718, Montesquieu fait des discours et des expériences scientifiques diverses à l’académie de Bordeaux : le 1er mai : Sur les causes de l’écho ; le 29 juin : Sur le gui, sur la mousse des chênes, … ; le 25 août : Sur les glandes rénales. L’abbé de Saint-Pierre (1658-1743) publie la Polysynodie où il critique le despotisme de Louis XIV. Il est exclu pour ce fait de l’Académie française. La polysynodie est supprimée par le Régent le 24 septembre. Le 30 novembre le « fameux roi de Suède » Charles XII (1682-1697-1718) meurt (cf. Lettres persanes, lettre CXXVII de Rica à Ibben). Le 4 décembre 1718, la Banque générale de John Law devient Banque royale avec effet le 1er janvier 1719. Les billets de banque sont désormais garantis par l’État. Le 9 décembre, l’ambassadeur d’Espagne, Antonio del Giudice, duc de Giovinazzo, prince de Cellamare (1657-1733) est expulsé de France. Il complotait pour le compte de son maître, le roi d’Espagne, Philippe V (1683-1746), petit-fils de Louis XIV, qui songeait chasser le régent et devenir roi de France (cf. l’allusion dans les Lettres persanes, lettre CXXVI de Rica à Usbek). Le 27 décembre, l’Angleterre déclare la guerre à l’Espagne.

Le 9 janvier 1719, la France déclare la guerre à l’Espagne. Toujours en janvier, le Nouveau Mercure publie son Projet d’une histoire physique de la terre ancienne et de la terre moderne. Le 2 mars, le baron Henri de Görtz (1668-1719), ancien favori et premier ministre de Charles XII de Suède, est exécuté (cf. Lettres persanes, lettre CXXVII de Rica à Ibben, p.288). La Compagnie du Mississipi de John Law reprend la Compagnie française des Indes orientales, la Compagnie de Chine et d’autres sociétés commerciales rivales : elle devient la Compagnie perpétuelle des Indes. John Law obtient en outre la ferme du tabac et rachète la ferme des impôts indirects aux frères Paris. En juillet 1719, la Banque générale des Indes reçoit la Surintendance des monnaies, c’est-à-dire le monopole d’émission en France. En octobre, enfin, elle reçoit les recettes générales. Montesquieu quant à lui s’intéresse à l’histoire naturelle. Son Essai d’observation sur l’histoire naturelle est lu le 16 novembre.

En 1720, la Banque générale et la Compagnie des Indes fusionnent. Le 5 janvier, John Law est nommé contrôleur général des finances dans le but d’attirer les capitaux. Pour empêcher la thésaurisation de l’or et de l’argent, Law interdit la possession de plus de 500 livres de métaux précieux par foyer, sous peine de confiscation et d’amende. Une récompense est promise aux dénonciateurs. Des perquisitions ont lieu, même chez les ecclésiastiques. Le 11 mars, pour décourager le public de la monnaie métallique, Law suspend la valeur libératoire de l’or, à dater du 31 décembre. Les « semeurs de faux bruits » sont déportés aux colonies, ce qui crée un scandale. Le 24 mars, la rumeur d’une banqueroute est répandue par quelques initiés. Le 1er mai 1720, Montesquieu donne : Sur les causes de la pesanteur. Il achète après le 10 mai les Voyages en Perse (1686) de Jean Chardin (1643-1713) au libraire bordelais Lacourt qui le note. En juillet, les prêts que consent la Compagnie perpétuelle des Indes conduisent à des augmentations successives de capital qui alimentent la spéculation. Paul Féval (1816-1887) la romancera dans Le Bossu (1857). Elle tourne à la baisse voire à l’émeute comme le 17 juillet où il y a 17 morts. Le 21 juillet, une semi-banqueroute est décrétée. Le 25 août, il prononce : Sur la cause de la transparence des corps. Il annonce pour la fin de l’année une Histoire de la terre ancienne et moderne. Entre septembre et octobre, le système de Law est liquidé (cf. Lettres persanes, lettre CXXXVIII de Rica à Ibben, p.316). Le 10 octobre, les billets de la Banque générale n’ont plus cours. Le 14 décembre, John Law s’enfuit après avoir été remplacé par Le Peletier de La Houssaye deux jours plus tôt.

Le 19 mars 1721, le pape Clément XI meurt. En mai, Montesquieu publie anonymement à Amsterdam les Lettres persanes (150 lettres) sans nom d’auteur chez un éditeur, Pierre Marteau basé à Cologne, qui n’existe pas. On peut penser que l’ouvrage a été imprimé chez Jacques Desbordes, à Amsterdam et/ou chez Jacques Brunel supposé basé à Amsterdam mais imprimeur clandestin à Rouen. Une seconde édition revue, corrigée, diminuée et augmentée par l’auteur paraît chez Pierre Marteau. Elle retranche treize lettres de l’édition originale (les lettres I, V, XVI, XXV, XXXII, XLI, XLII, XLIII, XLVII, LXV, LXX, LXXI de l’édition de 1758) et en ajoute trois (CXI, CXXIV, CXLV de l’édition de 1758). L’ouvrage connaît un grand succès. Il connaîtra une trentaine d’éditions jusqu’à la mort de son auteur. Il réside rue du Mirail à Bordeaux. Il a peut-être fait un séjour à Paris en août. En novembre, il lit à nouveau son Essai d’observation sur l’histoire naturelle.

Le 7 août 1722 il part pour Paris. Il commence à fréquenter l’hôtel de Soubise. Peut-être a-t-il fréquenté le club de l’Entresol (créé en 1720, il fonctionne comme un club anglais : on y discutait de questions politiques et économiques). Il est présenté à Mme de Lambert (1647-1733) par l’abbé de Saint-Pierre. Dans son salon, il trouve dans les habitués, Fontenelle (1657-1757) et Houdar de la Motte. On pouvait trouver dans ce salon : le jésuite et homme de lettre le père Claude Buffier (1661-1737), l’homme de lettres, abbé de François-Timoléon de Choisy (1644-1724), Mme Dacier, le mathématicien et astronome Jean-Jacques Dortous de Mairan (1678-1771), l’historien, dit « le président Hénault » (1685-1770), l’écrivain Marivaux (1688-1763), l’homme de lettres et abbé Nicolas-Hubert Mongault (1674-1746), l’écrivain et favori de Madame Lambert Louis-Sylvestre de Sacy (1654-1727), le poète et marquis de Sainte-Aulaire (1648-1742), l’écrivaine Marguerite de Launay baronne Staal (1683-1750), la femme de lettres Madame de Tencin (1682-1749) et mère du jeune d’Alembert (1717-1783), l’homme de lettres et abbé Terrasson (1670-1750). Montesquieu fréquente les salons de l’épouse du marquis Louis de Brancas (1672-1750), Catherine de Nyvenheim, un salon politique. On le retrouve dans le salon de Marie, marquise du Deffant (1697-1780), dans celui de Madame Geoffrin (1699-1777).

Le 25 octobre, Louis XV est sacré roi. En novembre, Montesquieu rentre dans le bordelais.

Au mois de janvier 1723, Montesquieu commence un séjour à Paris. Le 22 février, Louis XV est déclaré majeur. Le 7 août, il quitte Paris. Le 10 août, le cardinal Guillaume Dubois (1656-1723), principal ministre du régent, meurt. Le 18 novembre, il donne : Lettre de Xénocrate à Phérès et une Dissertation sur le mouvement. Le 2 décembre, Philippe d’Orléans meurt.

De mai à août 1724, il séjourne tour à tour à Paris, Versailles et au château de Baye chez Jean-Baptiste Berthelot de Duchy (1672-1740), receveur général des finances de la généralité de Paris. Le Temple de Cnide, poème en prose qui se fait passer pour la traduction d’un auteur grec, paraît en pré-originale dans la Bibliothèque française.

De janvier à février 1725, Montesquieu séjourne à Paris. En mars, Le Temple de Cnide paraît. Le 1er mai, il lit à Bordeaux le Traité des devoirs. Il demeure dorénavant à l’actuelle place des martyrs de la résistance. Le 25 août, il donne De la considération et de la réputation. Le 11 novembre, il fait un discours de rentrée au Parlement de Bordeaux. Le 15 novembre, il prononce à l’Académie de Bordeaux Sur les motifs qui doivent nous encourager dans les sciences. En décembre, il part séjourner à Paris.

Jusqu’à mi-juin 1726, Montesquieu séjourne à Paris. Le 7 juillet, il vend l’usufruit de sa charge de Président à Mortier pour payer ses dettes, ce qui préserve les droits de ses héritiers sur celle-ci. Il obtient une rente de 5200 livres. Le 25 août, il fait l’éloge du duc de la Force (1675-1726), protecteur de l’Académie de Bordeaux, qui venait de mourir le 21 juillet. Le 29 septembre, il travaille au Dialogue de Sylla et d’Eucrate. Le 28 décembre, il donne procuration à sa femme avant de partir à Paris.

Le 23 février 1727 naît Denise de Montesquieu (1727-1800). Son père séjourne toute l’année à Paris. Il se représente à l’Académie française pour succéder à Louis de Sacy. Il déclare qu’il quittera la France s’il n’est pas nommé. Ses adversaires lui opposent ses Lettres persanes. Il pare l’attaque en en faisant faire rapidement une édition expurgée qu’il présente au cardinal de Fleury, ministre de Louis XV, en rejetant sur les éditeurs les fautes qu’on lui avait reprochées. Le 20 décembre a lieu le premier scrutin d’élection à l’Académie française qui est un échec.

Le 5 janvier 1728, Montesquieu est élu à l’Académie française contre le juriste et écrivain Mathieu Marais (1664-1737) malgré l’opposition du parti religieux. Le cardinal de Fleury s’est désintéressé de l’élection. Le 24 janvier, il est reçu par Jean-Roland Mallet (1675-1736) puis prononce son discours de réception. Le 5 avril, il part pour Vienne avec Lord James Waldegrave (1684-1741), premier du nom, ambassadeur du roi d’Angleterre Georges II (1683-1727-1760), et neveu du maréchal de Berwick (1670-1734), maréchal de France. Ils arrivent à Vienne le 26. Le 20 mai, il est de la réception au château de Luxembourg. En juin, il voyage en Hongrie. Il visite les mines de Chemnitz, Neu-Sohl et Königsberg. Le 9 juillet, il quitte Vienne pour Gratz où il arrive quatre jours après. Du 24 septembre au 16 octobre il séjourne à Milan. Le 18 octobre, il visite les îles Borromées. Du 23 octobre au 5 novembre, il séjourne à Turin. Le 9 novembre, il arrive à Gênes. Du 21 au 22 novembre, il a une traversée difficile de Gênes à la Spezzia. Le 1er décembre, il arrive à Florence.

Du 19 janvier au 18 avril 1729, il séjourne à Rome. Du 23 avril au 6 mai, il séjourne à Naples. Puis il retourne à Rome pendant deux mois. Il quitte la cité du Pape le 4 juillet. Du 9 au 17 juillet il séjourne à Bologne. Le 3 août il arrive à Munich après avoir passé par le Brenner et Innsbruck. Du 16 au 23 août, il demeure malade à Augsbourg. Du 29 au 31 août il est à Francfort. Du 1er au 15 septembre, il visite la Rhénanie, notamment ses villes. Il arrive le 24 septembre à Hanovre où il est présenté au roi d’Angleterre, Georges II, originaire d’Hanovre. Début octobre, il visite les mines du Hartz en compagnie de Jean-Frédéric, baron de Stain (1681-1735), ministre du duc de Brunswick. Le 15 octobre, Montesquieu arrive à Amsterdam. Le 31, il part de La Haye, traverse la Manche sur le yacht de Lord Chesterfield (1694-1773) et arrive à Londres le 3 novembre.

Le 23 février 1730, Montesquieu écrit à Chauvelin pour obtenir un poste diplomatique. Il assiste le même jour à une séance au Parlement. Il est élu à la Royal Society le 9 mars. Le 10 avril, il assiste à une violente séance à Westminster sur le port de Dunkerque. Le 23 mai il est initié à la Franc-maçonnerie au sein de la loge londonienne Horn (le Cor) Tavern de Westminster. Le 5 octobre, il est présenté à la reine Caroline de Brandebourg-Ansbach (1683-1737) à Kensington Palace.

Le 6 avril 1731, Montesquieu assiste peut-être au succès de sa protégée Mlle Sallé à Lincoln’s Inn Fields. Le 13 mai, il est de retour à la Brède. Le 25 août, il donne une Description de deux fontaines de Hongrie. Il compose : Mémoires sur les mines, Réflexions sur la monarchie universelle en Europe, Réflexions sur le caractère de quelques princes et sur quelques événements de leur vie. Il commence son livre sur les Romains. L’ouvrage de Germain-François Poullain de Saint-Foix (1698-1776) paru l’année précédente, Lettres d’une Turque à Paris, écrites à sa sœur au serrail [sic], accompagne une contrefaçon des Lettres persanes, sous le titre Lettres d’une Turque à Paris écrites à sa sœur au Sérail pour servir de supplément aux Lettres Persannes [sic].

En 1732, Crébillon fils (1707-1777) fait paraître un roman épistolaire, Lettres de la marquise de M*** au comte de R***. Le 15 novembre, il donne Sobriété des habitants de Rome.

En mai 1733, part pour Paris où il va séjourner. Le 12 juillet Madame de Lambert décède. Son salon se déplace chez Madame de Tencin.

Le 20 juillet 1734, Montesquieu publie à Amsterdam les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence. Il commence à fréquenter Madame de Tencin. Le 13 août, il est reçu à la Ferté-Vidame par le duc de Saint Simon (1675-1755), mémorialiste du règne de Louis XIV (ses Mémoires ne paraîtront de façon complète qu’au XIX° siècle). En septembre, il revient à Bordeaux. Montesquieu travaille à Liberté politique, non publiée (qui sera inclue dans ses Pensées). Il fait paraître Réflexions sur la monarchie universelle en Europe puis détruit tous les exemplaires sauf un. Peut-être forme-t-il le projet de De l’esprit des lois. Le 29 novembre, il donne Sur la formation et le progrès des idées.

En 1735, George Lyttelton (1709-1773) fait paraître en anglais et en français les Nouvelles Lettres persanes. Durant l’été, Montesquieu séjourne à Chantilly (qui se situe dans l’actuel département de l’Oise).

En 1736 il donne l’Essai sur les causes qui peuvent affecter les esprits et les caractères qui reprend la dissertation Sur la différence des génies. En septembre, il retourne à Bordeaux. Le 2 novembre, il achète pour son fils l’office de conseiller au parlement.

De janvier à avril 1737, il séjourne à Bordeaux. Le 6 avril, à cause de son appartenance à la franc-maçonnerie, Montesquieu est inquiété par l’intendant de Guyenne Claude Boucher (1672-1752, intendant de 1720 à 1743) qui le dénonce au cardinal Fleury (1653-1743). Il continue néanmoins à fréquenter les loges bordelaises et parisiennes. De mai à décembre, Montesquieu séjourne à Paris.

De janvier à octobre 1738, il séjourne à Paris. Il donne une Histoire de France non publiée. De novembre à décembre, il séjourne à Paris. Le 19 novembre, Marie de Montesquieu épouse Joseph Vincent de Guichaner d’Armajan (1707-1766), chevalier d’honneur, conseiller de la Cour des Aides de Bordeaux. Sa dot est modeste : 10 000 livres (cf. François Cadilhon, Jean-Baptiste de Secondat de Montesquieu : au nom du père, Presses Universitaires de Bordeaux, 2008, p.14).

De janvier à février 1739, il séjourne à Bordeaux, de mars à décembre à Paris.

De janvier à mars 1740, il séjourne à Bordeaux, d’avril à décembre à Paris. Le 30 avril, Jean-Baptiste de Secondat épouse Marie-Catherine Thérèse de Mons (1720- ?), héritière d’une vieille famille de noblesse d’épée. Chaque famille apporte 300 000 livres (cf. François Cadilhon, Jean-Baptiste de Secondat de Montesquieu : au nom du père, Presses Universitaires de Bordeaux, 2008, p.14-15).

De janvier à mars 1741, Montesquieu séjourne à Bordeaux. Paraît la traduction du roman épistolaire de Samuel Richardson (1689-1761), Pamela, ou la vertu récompensée (Pamela, or Virtue rewarded), publié l’année précédente en Angleterre. Il travaille huit heures par jour à son futur grand ouvrage De l’esprit des Lois. D’avril à décembre, il séjourne à Paris.

Le 2 février 1742, dix-huit livres de De l’esprit des lois sont achevés. En septembre, il commence la rédaction d’Arsace et Isménie, un « roman oriental », à la demande de la légère, voire scandaleuse, Louise-Anne de Bourbon-Condé, dite mademoiselle de Charolais (1695-1758).

De janvier à août 1743, Montesquieu séjourne à Paris. Voltaire (1694-1778), dans une lettre à Vauvenargues (1715-1747), parle d’une France « d’abord ivre » des Lettres persanes. De septembre à décembre, Montesquieu séjourne à Bordeaux où il se livre à une révision générale de De l’esprit des lois.

Il passe l’année 1744 à Bordeaux.

Le 2 février 1745, il lit De l’esprit des lois chez son ami bordelais Jean Barbot ( ?- ?), président de l’Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux. Le 25 mars, Denise de Montesquieu épouse son cousin Godefroy de Secondat (1702-1774) à Clairac. Montesquieu donne une dote de 10 000 livres mais sa femme en ajoute 60 000 (cf. François Cadilhon, Jean-Baptiste de Secondat de Montesquieu : au nom du père, Presses universitaires de Bordeaux, 2008, p.16).

De janvier à aout 1746, Montesquieu séjourne à Bordeaux. Il est élu à l’Académie des sciences de Prusse que Leibniz avait fondée en 1700. Son président est depuis l’année précédente le français Pierre Louis Moreau de Maupertuis (1698-1759) favorisé par Frédéric II de Prusse (1712-1740-1786). En septembre, Montesquieu retourne à Paris. Il travaille à De l’esprit des lois.

De janvier à octobre 1747, Montesquieu séjourne à Paris. Françoise de Graffigny (1695-1758) fait paraître un roman épistolaire, Lettres d’une péruvienne qui obtient un immense succès immédiat. Montesquieu reprend Arsace et Isménie. En juin, Montesquieu annonce à Maupertuis qu’il a achevé De l’esprit des lois. Il séjourne auprès de l’ancien roi de Pologne et duc de Lorraine depuis 1737 Stanislas Leszczynski ou Leczinski (1677-1766) à Lunéville (actuellement dans le département de Meurthe et Moselle). En juillet, il fait la lecture de De l’esprit des lois à Paris.

De janvier à avril 1748, Montesquieu séjourne à Paris. Il vend définitivement sa charge de président à mortier le 4 avril. Il publie en novembre 1748 à Genève, chez Barillot, sans nom d’auteur : De l’esprit des lois ou du rapport que les lois doivent avoir avec la Constitution de chaque gouvernement, les Mœurs, le Climat, la Religion, le Commerce, etc. Mis en vente à Paris, l’ouvrage connaît immédiatement le succès. Vingt-deux éditions paraissent à Genève en deux ans.

De janvier à juin 1749, Montesquieu séjourne à Bordeaux. De juillet à décembre, De l’esprit des lois est attaqué dans les Nouvelles ecclésiastiques du 9 au 16 octobre.

En février 1750, séjournant à Paris, il répond aux critiques de son œuvre majeure en donnant la Défense de l’Esprit des lois puis les Éclaircissements sur l’Esprit des lois. En septembre, la Sorbonne présente un premier projet de censure du grand ouvrage de Montesquieu. Le 26 novembre, Montesquieu fait enregistrer son testament.

De janvier à mai 1751, Montesquieu séjourne à Paris. Il travaille à une nouvelle édition des Lettres persanes. Il travaille aussi sur De l’esprit des lois. Montesquieu est nommé membre associé de la Société royale des sciences et belles-lettres de Nancy le 20 mars. Il offre à Stanislas Leszczynski, le duc souverain de Lorraine, Lysimaque. L’abbé Jean-Baptiste Gaultier (1685-1755), un janséniste, fait paraître les Lettres persanes convaincues d’impiété. Il critique notamment les lettres qui portent sur la religion (XXXV, XLVI, LXXXIII, XCII et CXXV), la lettre sur le suicide (LXXVI) ainsi que celle sur le divorce (CXVII). Le 29 novembre l’Église catholique romaine interdit le livre – de même que de nombreux autres ouvrages de Montesquieu – et l’inscrit à l’Index, c’est-à-dire dans la liste des ouvrages interdits aux catholiques. Le protestant Angliviel de la Beaumelle (1726-1773) publie une Suite de la défense de l’esprit des lois à Amsterdam en novembre.

En 1752, Montesquieu séjourne à Bordeaux.

De janvier à novembre 1753, Montesquieu séjourne à Paris. Il publie un Mémoire sur la Constitution (Unigenitus) qui propose d’interdire toute dispute sur la querelle du jansénisme afin d’obtenir la paix. En décembre, il revient à Bordeaux. Il commence à écrire l’article « Goût » pour l’Encyclopédie.

De janvier à juillet 1754, Montesquieu séjourne à Paris. Il ajoute et corrige les Lettres persanes dans une édition qui reprend les 150 lettres de la première édition, un Supplément comprenant les trois nouvelles lettres de la deuxième édition de 1721, de huit nouvelles lettres (XV, XXII, LXXVII, XCI, CXLIV, CLVII, CLVIII, CLX de l’édition de 1758), des changements aux lettres LXXXII, XCII, CIX, et XCVII de l’édition de 1758) et un préambule intitulé Quelques réflexions sur les Lettres Persanes qui procèdent à une réfutation de Gaultier qui n’est pas nommé. De juillet à décembre, il est à Bordeaux. Il travaille à une nouvelle édition de De l’esprit des lois. En décembre, Lysimaque est publié. Fin décembre, il repart à Paris.

Le 19 janvier 1755, il tombe malade. Il meurt le 10 février à Paris d’une fièvre inflammatoire. D’après Friedrich Melchior Grimm (1723-1807), Denis Diderot (1713-1784) fut le seul homme de lettres qui assista à son enterrement à Saint Sulpice où il a eu peu de monde (cf. http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/charles-de-secondat-baron-de-montesquieu).

En 1757, son article « Goût » est publié sous le titre d’Essai sur le goût. Il paraît dans le tome VII de l’Encyclopédie.

En 1758, son fils Jean-Baptiste de Secondat et l’avocat François Richer (1718-1790) font paraître l’édition posthume des Lettres persanes. Elle répartit les lettres ajoutées dans l’édition de 1754 à leur place. De même, une nouvelle édition de De l’esprit des lois paraît.

 

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Durkheim, brève biographie

 

Émile Durkheim, né à Épinal (Vosges) le 15 avril 1859, est issu d’une famille juive pratiquante. Après l’École Normale Supérieure où il entre en 1879 et l’agrégation obtenue en 1882, il enseigne la philosophie. En 1887, il enseigne à la faculté de Bordeaux la pédagogie et les sciences sociales. Il soutient sa thèse en 1893, De la division du travail social. En 1894, il publie Les règles de la méthode sociologique. En 1896, il lance la revue L’Année Sociologique dans laquelle écrivent philosophes et universitaires sur des thèmes sociaux. En 1897, il publie Le Suicide. À partir de 1902, il enseigne à la Sorbonne à la chaire d’éducation et de sociologie. En 1912, il publie sa dernière grande œuvre, Les formes élémentaires de la vie religieuse. Favorable à l’Union sacrée, il s’engage intellectuellement contre l’Allemagne en 1914. Son fils, André, meurt au combat en 1915, ce qui l’affecte.

Il meurt prématurément à Paris le 15 novembre 1917.

 

Œuvres.

La Contribution de Montesquieu à la constitution de la science sociale (1892) ; De la division du travail social (sa thèse, 1893) ; Règles de la méthode sociologique (1894), Le Suicide, « La Prohibition de l’inceste et ses origines », L’Année Sociologique, vol. 1 (1897) ; Représentations individuelles et représentations collectives (1898), L'éducation morale (1903), Les formes élémentaires de la vie religieuse (1912) ; (avec Ernest Denis) Qui a voulu la guerre ? (1914) ; L’Allemagne au-dessus de tout, La mentalité allemande et la guerre (1915).

 

Œuvres posthumes :

Education et Sociologie (1922) ; Sociologie et Philosophie, L’éducation morale (cours prononcé en 1902-1903) (1925) ; L’Évolution pédagogique en France ((cours pour les candidats à l'Agrégation prononcé en 1904-1905, avec une introduction de Maurice Halbwachs, 1938) ; La science sociale et l’action ((recueil de textes publiés de 1888 à 1908, 1970) ; Leçons de sociologie (cours prononcé en 1898-1900, 1990).

 

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Clément Rosset - brève biographie

 

Vie.

Clément Rosset est né le 12 octobre 1939 à Carteret dans la Manche.

Il entre à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en 1961 et obtient l’agrégation de philosophie en 1965.

Il enseigne la philosophie à Montréal de 1965 à 1967. Puis, il enseigne à l’université de Nice.

Il soutient sa thèse dirigée par Vladimir Jankélévitch le 21 mai 1973, l’anti-nature, et la publie la même année.

En 1998, il prend sa retraite.

Il vit à Paris.

 

Œuvres.

La philosophie tragique (1960) ; Le monde et ses remèdes (1964) ; Lettre sur les chimpanzés : Plaidoyer pour une humanité totale, suivi d’un Essai sur Teilhard de Chardin (1965) ; Schopenhauer, philosophe de l’absurde (1967) ; Schopenhauer, Précis de philosophie moderne (sous le pseudonyme de Roboald Marcas) (1968) ; Les matinées structuralistes, suivies d’un Discours sur l’écrithure, Introduction critique par Albert K*** Laffont (sous le pseudonyme de Roger Crémant), L’esthétique de Schopenhauer (1969) ; Logique du pire, Eléments pour une philosophie tragique (1971) ; L’anti-nature, Eléments pour une philosophie tragique (1973) ; Le réel et son double (1976) ; Le réel. Traité de l’idiotie (1977) ; L’objet singulier, (1978) ; La force majeure (1983) ; Le philosophe et les sortilèges (1985) ; Le principe de cruauté (1988) ; Principes de sagesse et de folie (1991) ; Matière d’art. Hommages, En ce temps-là. Notes sur Louis Althusser (1992) ; Le choix des mots suivi de La joie et son paradoxe (1995) ; Le démon de la tautologie suivi de Cinq petites pièces morales (1997) ; Route de Nuit. Episodes cliniques (1999) ; Loin de moi. Etude sur l’identité (1999) ; Le réel, l’imaginaire et l’illusoire (2000) ; Ecrits sur Schopenhauer (2001) ; Propos sur le cinéma entretien avec Roland Jaccard et anthologie (2001) ; Le régime des passions et autres textes (2001) ; avec (Michel) Polac, Franchise postale (2003) ; Impressions fugitives. L’ombre, le reflet, l’écho (2004) ; Fantasmagories suivi de Le réel, l’imaginaire et l’illusoire (2006) ; La nuit de mai (2008) ; Une passion homicide… et autres textes (2008) ; L’école du réel (2008) ; Le monde perdu (2009) ; Tropiques. Cinq conférences mexicaines, avec (Didier) Raymond, La folie sans peine (2010) ; L’invisible, Récit d’un noyé (2012) ; Faits divers, « Question sans réponse », in (Santiago) Espinosa, L’inexpressif musical (2013).

 

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La Bruyère - brève biographie

La Bruyère (1645-1696)

La Bruyère (1645-1696)

 

Jean de la Bruyère est né à Paris. Il est baptisé le 7 août 1645 à l’église Saint-Christophe. Son père était contrôleur général des rentes de l’hôtel de ville.

Il a vingt ans lorsqu’il présente ses thèses qui lui confèrent le grade de licencié ès deux droits de l’Université d’Orléans. Il devient avocat au Parlement de Paris où il ne plaide pas beaucoup.

Il achète en 1673 la charge de trésorier général de France au bureau des finances de la généralité de Caen. Il continue toutefois à résider à Paris.

Bossuet lui permet en 1684 d’être un des précepteurs chargés d’achever l’éducation du jeune duc de Bourbon qui a seize ans, petit-fils du grand Condé. La Bruyère lui enseigne l’histoire, la géographie, les institutions du royaume de France.

En 1686, il revend sa charge de trésorier général.

En 1687, l’éducation de son élève achevé, La Bruyère demeure dans la maison de Condé où il prend le titre de gentilhomme de M. le Duc.

Dans une lettre à Jean Racine (1639-1699) datée du 19 mai 1687, Boileau (1636-1711) écrit : « Maximilien (La Bruyère) m’est venu voir à Auteuil, et m’a lu quelque chose de son Théophraste. »

Les Caractères de Théophraste traduits du grec avec les Caractères ou les mœurs de ce siècle de Jean de La Bruyère paraissent au début de l’année 1688.

Reçu à l’Académie française le 15 juin 1693, La Bruyère publie son discours dans l’année.

La huitième édition des Caractères paraît en 1694. La Bruyère commence des Dialogues sur le quiétisme. Il les lit le 8 mai 1696 à Antoine Bossuet, frère de l’aigle de Meaux.

Dans la nuit du 10 au 11 mai La Bruyère meurt à Versailles d’une attaque d’apoplexie.

Fin 1698, le libraire Osmont met en vente les Dialogues posthumes du sieur de La Bruyère sur le quiétisme, texte remanié et complété par l’abbé Ellies du Pin.

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Paul Bénichou : brève biographie

Paul Bénichou (1908-2001)

Paul Bénichou (1908-2001)

Paul Bénichou est né à Tlemcen (Algérie) le 19 septembre 1908. Il était issu d’une famille juive séfarade. La famille de son père vivait en Algérie depuis une époque immémoriale. Son grand-père ne parlait que l’arabe. Sa mère descendait d’une famille juive expulsée d’Espagne en 1492. Elle parlait un espagnol médiéval. Paul Bénichou était citoyen français. La république avait naturalisé tous les juifs de sa colonie en 1871, les séparant ainsi des musulmans. À l’école, Paul Bénichou choisit l’arabe plutôt que le français.

Élève au lycée Louis-Le-Grand à Paris, il obtient un prix en thème latin au concours général. Il entre à l’École normale supérieure en 1926. Il y côtoie de plus anciens comme Raymond Aron (1905-1983) ou Jean-Paul Sartre (1905-1980) et un condisciple, Maurice Merleau-Ponty (1908-1962). Il obtient sa licence en 1927 et est reçu à l’agrégation en 1930. Dans les années 1930, il milite dans le radicalisme et écrit des poèmes de facture surréaliste.

En 1940, il est interdit d’enseigner. Pour Vichy, c’est un « juif indigène algérien » qui tombe sous le coup des lois antisémites du nouveau régime. Il quitte la France et devient professeur en Argentine. Il y fonde avec Roger Caillois (1913-1978), l’Institut Français de Buenos Aires. Il rencontre Jorge Luis Borges (1899-1986). Il s’intéresse à la littérature médiévale espagnole. De retour en France, il propose à un professeur en Sorbonne un manuscrit sur la littérature du XVII° comme thèse. Il essuie un refus. Il le publie en 1948 sous le titre de Morales du grand siècle. C’est un succès. C’est devenu un classique. Il enseigne au Lycée Condorcet. Il le quitte en 1958. Il est invité à Harvard où il devient professeur permanent jusqu’en 1979 à raison d’un semestre par an. Son cours sur Molière attire d’autant plus qu’il joue tous les rôles, y compris féminins. Son second semestre est consacré à ses recherches à la bibliothèque nationale. Il enseigne le français et la poésie espagnole.

Historien de la littérature, critique, il est l’auteur d’une œuvre multiple, singulière. Il étudie principalement les rapports entre l’écrivain et la société dans laquelle il se trouve. Son style est clair. Son érudition toujours sure et pertinente. Il refuse la mode théorique de la critique inspirée de la linguistique, non par conservatisme, mais grâce à sa profonde connaissance de l’histoire de la critique comme le montre l’avant-propos de L’écrivain et ses travaux.

Il est mort à Paris le 14 mai 2001.

 

Œuvres majeures

Romancero Judéo-españoles de Marruecos (Buenos Aires, Instituto de Filología de la Universidad de Buenos Aires, 1946) ; Morales du Grand Siècle (Paris, 1948) ; L’Écrivain et ses travaux (Constant, Lamartine, La Rochefoucauld, Mallarmé, Racine, Rousseau) (Paris, 1967) ; Créacion poética en el romancero traditional (Madrid, 1968) ; Nerval et la chanson folklorique (Paris, 1970) ; Man and Ethics: Studies in French Classicism, traduit par Elizabeth Hughes (Garden City, NY, 1971). Le Sacre de l’écrivain 1750-1830 : Essai sur l’avènement d’un pouvoir spirituel laïque dans la France moderne (Paris, 1973) ; Le Temps des prophètes : Doctrines de l’âge romantique (Paris, 1977) ; Les Mages romantiques (Paris, 1988) ; L’École du désenchantement : Sainte-Beuve, Nodier, Musset, Nerval, Gautier (Paris, 1992) ; Selon Mallarmé (Paris, 1995) ; Variétés critiques : De Corneille à Borges (Paris, 1996).

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Alain - biographie

Alain fait cours

Alain fait cours

Vie.

Émile Auguste Chartier, dit Alain, est né le 3 mars 1868 à Mortagne-au-Perche. Il est le fils d’un vétérinaire, Étienne Chartier (1835-1893) et de Juliette Chaline (1844-1910). Il a une sœur aînée, Louise (1861-1943). Il évoque le métier de son père dans un Propos du 20 avril 1923 (repris dans les Propos sur le bonheur, XII « Le sourire »). Il évoque une manie d’un de ses grand-pères de ne se nourrir que de lait dans un Propos du 1912 (repris dans les Propos sur le bonheur, XXX « Ne pas désespérer »). Politiquement, sa famille est radicale. Il l’affirme de son père et de son grand-père maternel (cf. Propos du 7 avril 1912). On ne sait pas grand-chose de son enfance. Il a peut-être été un enfant difficile. Il a connu une école élémentaire où on privilégiait l’enseignement des règles.

En 1874, il entre au Collège Sainte-Marie de Mortagne.

Élevé dans la religion, il a fait sa première communion. Il notera ultérieurement la peur qu’elle lui procura qui l’empêchait de dormir vers ses dix ans (cf. « Éloge de Lucrèce, Propos du 27 février 1932 » in Propos, Gallimard « Bibliothèque de la Pléiade », 1956, pp.1061). Il perd la foi en une religion qu’il compare à une maladie (cf. Propos du 10 octobre 1909 (repris dans les Propos sur le bonheur, LXXIII « Bonne humeur »).

Il fait son lycée à Alençon en octobre 1881 en quatrième. En 1886, il obtient son baccalauréat littéraire. Il entre au lycée Michelet à Vanves pour préparer l’entrée à l’École Normale Supérieure. Attiré par les sciences, il choisit les Lettres par facilité.

À partir de 1887, il est l’élève de Jules Lagneau (1851-1894). « Parmi ses contemporains, n’a reconnu qu’un maître, Jules Lagneau, philosophe profond qui n’a guère écrit. » écrira-t-il de lui en 1925. Jules Lagneau soutenait qu’« il n’y a qu’une vérité absolue, c’est qu’il n’y a pas de vérité absolue ». S’il fut connu, c’est grâce à ses élèves, notamment Alain lui-même. Alain rencontre Paul Landormy (1869-1943), le futur musicologue.

Il entre à l’École normale supérieure, section lettres en 1889, avec Paul Landormy. Il rencontre Léon Brunschvicg (1869-1944) de la promotion 1888. Il devient l’ami d’Elie Halévy (1870-1937) de la promotion 1890 (cf. Leterre 2006). Il est le précepteur du fils des Lanjalley. Armand Lanjalley est directeur de la comptabilité publique (1836-1921). Il passe un baccalauréat es sciences durant ses années d’École en 1891.

Il obtient l’agrégation de philosophie en 1892. Il est 3°. Il enseigne en lycée. D’abord en terminale au collège de Pontivy où il arrive en octobre. Il traduit et commente la Métaphysique d’Aristote. Il coopère à la Revue de Métaphysique et de Morale (RMM) qu’a fondée Xavier Léon (1868-1935) en 1901.

Une crise de rhumatismes le cloue au lit en février 1893. Une scarlatine l’affecte de mai à juillet (cf. Lettre d’Alain à Elie Halévy du 2 juin 1893). En Octobre, il est nommé au lycée de Lorient. Le 3 son père, Étienne Chartier, meurt. En novembre, la Revue de Métaphysique et de Morale publie un premier dialogue d’Alain sous son premier pseudonyme : Criton.

En mars 1894, un deuxième dialogue de Criton paraît dans la Revue de Métaphysique et de Morale. Le 22 avril, son maître, Jules Lagneau, meurt.

En janvier 1895, un troisième dialogue de Criton paraît dans la Revue de Métaphysique et de Morale. Alain est co-directeur de la revue l’Union Universitaire. Il donne des conférences à la Société Républicaine d’Instruction. En juillet Alain fait le discours intitulé « L’accord pour la vie » à la distribution des prix du lycée de Lorient.

En 1896, il est attaqué pour ses conférences et pour son enseignement laïc par les catholiques. En septembre paraît un quatrième dialogue de Criton dans la Revue de Métaphysique et de Morale.

En mars 1897 paraît le cinquième dialogue de Criton dans la Revue de Métaphysique et de Morale.

En mars 1898, Alain présente des Fragments de Jules Lagneau d’après ses manuscrits dans la Revue de Métaphysique et de Morale. En juillet-septembre, il donne des « Commentaires aux fragments de Jules Lagneau » dans la Revue de Métaphysique et de Morale.

En janvier, mars et septembre 1899, Alain publie « Matériaux pour une doctrine laïque de la sagesse » dans la Revue de Métaphysique et de Morale. En octobre, il fonde à Lorient avec des collègues du lycée l’Université Populaire, plus ouvrière et militante que la Société Républicaine d’Instruction. Il lit Karl Marx (1818-1883) et Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865). Il arrête les conférences de la Société Républicaine d’Instruction. En novembre, il publie « Valeur morale de la joie d’après Spinoza » dans la Revue de Métaphysique et de Morale.

Le 14 mai 1900, est publiée la première des vingt-quatre chroniques signées Alain qui paraîtront jusqu’au 15 novembre dans La Dépêche de Lorient, journal des Bleus de Bretagne. En juillet, Alain fait une communication au Congrès de Philosophie de Paris : « L’éducation du moi. ». En octobre Alain succède à Léon Brunschvicg au poste de philosophie du lycée Corneille de Rouen. En novembre paraît « Le problème de la perception » dans la Revue de Métaphysique et de Morale. Il a pour élève le futur écrivain André Maurois (1885-1967) qu’il connaît sous son vrai nom, Émile Herzog.

En janvier 1901, Il publie « Le culte de la Raison comme fondement de la République » dans la Revue de Métaphysique et de Morale. Il publie une étude, Spinoza chez Delaplane. En mai, il fait paraître « Sur les perceptions du toucher » dans la Revue de Métaphysique et de Morale. Il rencontre Marie Monique Morre-Lambelin (1871-1941), professeur de sciences qui veut passer le concours de directrice d’école normale et qui veut des cours de philosophie.

En mars 1902, il participe à la campagne électorale de Louis Ricard (1839-1921), ancien ministre, et polémique sous divers pseudonymes (Quart d’œil, Philibert) dans la Démocratie Rouennaise. C’est un échec. Louis Ricard quitte la politique. En juillet, il publie « L’idée d’objet » dans la Revue de Métaphysique et de Morale. Il fait le discours de distribution des prix au lycée Corneille.

En janvier 1903, Alain quitte Lorient. Il est nommé au lycée Condorcet à Paris. Il donne des conférences aux Universités Populaires de Montmartre et des Gobelins. En mai il publie le sixième dialogue de Criton dans la Revue de Métaphysique et de Morale. Le 19 juillet, Alain fait paraître son premier Propos du dimanche dans La Dépêche de Rouen et de Normandie. Le 19 août, il commence quatorze Méditations sur la Mécanique.

En juin 1904 il publie dans la Revue de Métaphysique et de Morale une étude sur le livre d’un ami de Xavier Léon, Louis Weber (18 ?-19 ?) Vers le positivisme absolu par l’idéalisme paru en 1903. En juillet, son discours à la distribution des prix du lycée Condorcet « Les marchands de sommeil » obtient un certain succès. Par Charles (1862-1936) et Marie Salomon, il fait la connaissance de Mathilde Salomon (1837-1909), fondatrice du Collège Sévigné. Il intervient pour soutenir Bergson (1859-1941) sur le parallélisme psycho-physiologique au Congrès de Philosophie de Genève. Il a comme élève Henri Massis (1886-1970) futur critique littéraire et membre de l’Action française.

Le 16 avril 1905 est publié le dernier Propos du dimanche. Le 24 avril est publié le Propos du lundi d’Alain dans La Dépêche de Rouen et de Normandie (jusqu'au 5 février 1906). Le 11 novembre, il écrit : « Je viens de brûler ce onze novembre 1905 à peu près trois cents pages écrites depuis longtemps sous le nom d’Analytique Générale » (Cahiers de Lorient).

En septembre 1906, il passe ses vacances en Bretagne chez ses amis Landormy, à Trébéron près de Brest. L’amour qui l’unira à Gabrielle Landormy (1898-1969), nièce de Paul Landormy, naît peut-être à ce moment. Le 16 février paraît dans La Dépêche de Rouen et de Normandie le premier « Propos d’un normand » d’Alain. En octobre, il fait sa première rentrée au lycée Michelet qu’il retrouve.

Le 27 février 1907 Alain voit et entend le naturaliste René Quinton (1866-1925). En août Alain va à Dieppe. En septembre il séjourne à Genève. En novembre, dans la Revue de Métaphysique et de Morale, il fait un compte rendu élogieux de l’Essai sur les éléments principaux de la représentation d’Octave Hamelin (1856-1907). Ce dernier venait de se noyer en tentant de sauver deux hommes.

En avril 1908 paraissent Cent-Un Propos d’Alain (première série) chez Lecerf à Rouen.

En décembre 1909 paraît la deuxième série des Cent-Un Propos d’Alain à l’imprimerie Wolf à Rouen et chez l’éditeur Cornely à Paris. En août Alain achète la maison de Paissy (Aisne), dans le voisinage de ses amis Lanjalley. En octobre il est nommé professeur de Rhétorique Supérieure au lycée Henri IV. Son influence fut considérable pendant quarante ans (1892-1933). Il a eu comme élèves : le philosophe Georges Canguilhem (1904-1995), la philosophe Simone Weil (1909-1943), l’écrivain Louis Poirier dit Julien Gracq (1910-2007).

Le 26 octobre 1910 sa mère, Juliette Clémence Chartier, meurt à Choisy.

En février-mars 1911, il écrit sous le pseudonyme de Criton les Lettres sur la philosophie première (posthume). Le 16 octobre paraît la troisième série des Cent-Un Propos d’Alain chez Lecerf. En décembre, il commence un Traité de Morale. Il a comme élève Armand Lunel (1892-1977) qui dira de lui « il nous opéra tous littéralement de la cataracte ». Ce dernier entre à l’École Normale supérieure (cf. Georges Jessula, « Armand Lunel, homme de lettres », Archives Juives, 2006/1, volume 39, p.141).

En août et en septembre 1912, Alain lit la Logique et de la Philosophie de la nature de Hegel. En octobre il lit la Politique Positive de Comte. En décembre, il est en conflit avec La Dépêche de Rouen.

En mars 1913, Alain prend parti contre le projet de porter la conscription à trois ans. Il refuse de s’engager dans l’action politique. En juillet, il travaille sur Aristote et sur Hegel. Son amie Marie-Monique Morre-Lambelin est nommée à Saint-Germain en Laye.

Le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Le 7 août, Alain s’engage volontairement. Le 27 août, il part pour Joigny (Yonne) où il est affecté au 3e Régiment d’artillerie lourde, 63e bataillon, 11e pièce. Le 1er septembre paraît le dernier « Propos d’un normand ». Le 18 octobre, Alain, canonnier, est téléphoniste à Beaumont dans la Woëvre. Le 15 novembre, il est promu 1er canonnier. La quatrième série des Cent-Un Propos d’Alain paraît.

La 21 février 1915, il est promu brigadier. Il fait paraître Vingt-et-un Propos, méditation pour les non-combattants. Il quitte sa fonction de téléphoniste en septembre. L’offensive en Champagne en septembre et octobre échoue. Alain se retrouve le 6 octobre en position sur le front de Champagne à la ferme de Tahure au bois Guillaume. Le 26 octobre, il est au camp de Chalons puis à Trondes.

Du 9 au 16 janvier 1916 il passe sa première permission à Paris. Alain décide d’écrire De quelques-unes des causes réelles de la guerre entre nations civilisées (la rédaction durera jusqu’au 16 avril). Le 31 janvier, il dirige le central téléphonique de la carrière de Flirey (front de Woëvre). Le 8 avril, il commence la rédaction des Quatre-vingt-un Chapitres sur l’Esprit et les Passions (elle se poursuit jusqu’au 1er août). Les 22 et 23 mai, en mouvement vers Verdun, Alain, à la suite d’un accident à la bosse du Mont d’Anon, est hospitalisé à Tantonville jusqu’au 17 août. Du 2 au 17 août, il rédige à l’hôpital de Tantonville les Vingt-et-une scènes de comédie. Du 18 au 25 août il est en permission à Paris. Le 27 août, il rédige Le roi Pot. Le 31 octobre a lieu l’explosion du tunnel de Tavannes. Alain rejoint sur le front de Verdun le bois des Clairs-Chênes sur la crête des Bois-Bourrus, où il demeurera jusqu’au 23 janvier 1917. Du 4 au 12 décembre, Alain est en permission à Paris. Il corrige les épreuves des Quatre-vingt-un-chapitres sur l’Esprit et les Passions.

Le 8 janvier 1917, Alain commence le Système des Beaux Arts (achevé une première fois le 23 octobre, repris en 1919). Le 24 janvier, il rejoint à Dugny (Seine) le service météorologique. Le 14 octobre, démobilisé, après sa blessure qui le laissera boiteux, Alain reprend ses cours au lycée Henri IV. Il achète une maison au Vésinet (Yvelines). Il publie les Quatre-vingt-un chapitres sur l’Esprit et les Passions à l’Émancipation. Il rédige l’Abrégé pour les aveugles, une édition en Braille.

En mars 1918, Alain rédige le Petit Traité d’Harmonie pour les aveugles, qui paraît en Braille. Le 11 novembre, c’est l’armistice signé à Rethondes.

Le 10 janvier 1919, Alain envoie un premier « Propos » à l’Œuvre où il devait publier chaque jour. Le propos est tronqué à la parution. Alain cesse aussitôt sa collaboration. D’avril à juin, il réécrit le premier livre du Système des Beaux-Arts. De mai à novembre, il écrit 76 des chapitres de Mars ou la guerre jugée. En février paraît le Système des Beaux Arts, chez Gallimard dans la collection de la Nouvelle Revue Française. Le 28, c’est dans la même collection que paraît le premier tome des Propos d’Alain. Ils ont été choisis par le collaborateur de la revue de la NRF, le professeur de philosophie Michel Arnaud (alias Marcel Drouin, 1871-1943). Le 25 juin paraît le deuxième tome de ses Propos. En juillet, il achève Mars ou la guerre jugée. D’août à septembre il commence Les Idées et les Âges. Son élève, Jean Prévost (1901-1944), entre à l’École Normale Supérieure.

Le 27 mars 1921 Alain écrit le premier des « Propos » qui paraissent à nouveau à partir du 9 avril, chaque samedi, par recueils de sept, dans la publication Libres Propos (Journal d’Alain), gérée par Michel Alexandre (1888-1952), professeur de philosophie, à l’imprimerie coopérative “La Laborieuse” de Nîmes. Il porte la mention : « Tous droits de reproduction et de traduction entièrement libres pour tout pays. » On peut l’interpréter comme le refus par Alain d’être soumis à l’argent (cf. Georges Pascal « Alain, le philosophe enraciné » in Études normandes n°1, 1994). En juillet il fait paraître Mars ou la guerre jugée chez Gallimard dans la collection de la N.R.F.

En janvier-mars 1922, il publie dans la Revue Musicale, La Visite au Musicien. Le 1er avril Les Libres Propos cessent de s’intituler Journal d’Alain (ils paraissent tous les quinze jours jusqu’au 5 avril 1924).

Il publie en 1923 les Propos sur l’Esthétique, chez Stock. Il a comme élève le futur auteur et éditeur Samuel Silvestre de Sacy (1905-1975) qui louait son sérieux dans la correction des travaux des élèves.

Le 8 février 1924, il publie les Lettres au Dr Mondor sur le sujet du Cœur et de l’Esprit (tirage à 50 exemplaires hors commerce). Le 6 mars dans l’Almanach des Lettres françaises, Alain répond à une enquête sur Stendhal (1783-1842). À partir du 15 mai Les Libres Propos paraissent le 19 de chaque mois jusqu’au 15 octobre. En juin, il publie les Propos sur le christianisme chez Rieder. Le 1er août, il publie Dix ans après dans la Revue européenne dirigée par le dada-surréaliste Philippe Soupault (1897-1990). Le 15 octobre s’achève la première série des Libres Propos. Trois Propos paraissent mensuellement dans L’Émancipation, revue coopérative de Charles Gide (1847-1932) à partir du 3 mai 1924 (jusqu’au 2 février 1927). Son élève, Georges Canguilhem, entre à l’École Normale Supérieure.

D’après une lettre de Michel Alexandre de mars 1925, contacté pour recevoir la légion d’honneur, Alain avait prévu de l’accueillir par le mot de Cambronne. Aussi n’a-t-il pas reçu la précieuse médaille. En avril, paraissent les Propos sur le Bonheur, Cahiers du Capricorne. C’est Marie-Monique Morre-Lambelin qui a effectué le choix des Propos qui sont de différentes périodes. En juillet paraissent les Souvenirs concernant Jules Lagneau, N.R.F. Le 30 septembre c’est au tour des Éléments d’une doctrine radicale de paraître à la N.R.F. et Jeanne d’Arc (sept Propos) chez Jo Fabre. Simone Weil entre dans sa classe : elle y restera trois ans.

En février 1926, des Études pour « les Idées et les Ages » paraissent dans la Nouvelle Revue Française – Sur le « Jean Christophe » de Romain Rolland (1866-1944) dans Europe. Le 19 mars, Alain fait paraître Le citoyen contre les pouvoirs chez Kra. Le 7 juillet Sentiments, passions et signes (60 Propos) paraissent chez Marcelle Lesage.

Il fait paraître en 1927 une Étude sur Descartes précédant le Discours de la Méthode dans la maison d’édition de Georges Crès (1875-1935). Le 20 mars, c’est la reprise des Libres Propos, nouvelle série (jusqu’à 1936). Le 15 avril, il fait paraître La nuit, les muses et l’amitié dans Europe. Le 23 juin Henri Mondor (1885-1962) organise la rencontre d’Alain et de Paul Valéry (1871-1945) au restaurant Lapérouse. Le 12 août Marie Monique Morre-Lambelin achète au Pouldu (Finistère) le terrain sur lequel elle fait construire une petite maison bretonne « Le Puits fleuri ». Alain y habitera périodiquement (jusqu’à l’été de 1939). Le 10 septembre, il fait paraître Les Idées et les Âges à la N.R.F. Le 18 novembre, il fait paraître Esquisses de l’Homme chez Helleu et Sergent et La visite au musicien à la N.R.F.

En mars 1928 il fait paraître Opinions sourdes dans la Revue des vivants. Le 25 juillet paraissent Onze chapitres sur Platon, chez Hartmann. En septembre Gabrielle Landormy veut rompre avec Alain. Entre dans sa classe Louis Poirier, le futur Julien Gracq. À noël paraît la cinquième série des Cent-Un Propos d’Alain chez Marcelle Lesage ainsi qu’une Étude d’Alain précédant le Traité des Passions de Descartes, Les Arts et le Livre, Jonquières.

Le 1er janvier 1929 il écrit : « J’étais journaliste. Je ne le suis plus » qu’il dédicace à Marie-Monique Morre-Lambelin. En avril Gabrielle Landormy part aux États-Unis (De 1929 à 1930 Alain écrit 70 poèmes à Gabrielle). Le 30 novembre Charmes de Paul Valéry est commenté par Alain à la N.R.F. Il publie Auguste Comte dans la Revue positiviste internationale.

En 1930 Alain publie son Commentaire de Sémiramis de Valéry dans la Nouvelle Revue française. Le 15 décembre, il donne Guerre et Paix dans Europe.

Le 10 janvier 1931, paraissent les Entretiens au bord de la mer à la N.R.F. Le 6 juin paraissent Vingt leçons sur les Beaux Arts à la N.R.F. Il commence le 31 octobre la publication dans L’école libératrice de Les sources de la mythologie enfantine (jusqu’au 11 juin 1932).

Le 25 janvier 1932 il fait paraître Idées. Platon, Descartes, Hegel chez Hartmann. Le 15 avril, il publie un article, « Goethe, le poète comme penseur » dans Europe. En septembre, il publie un nouveau livre : Propos sur l’éducation chez Rieder. Le 1er octobre il commence la publication de Mythologie humaine dans L’école libératrice (jusqu’au 15 juillet 1933). Le 8 novembre, il donne la première leçon de son cours public « Mythes et Fables » au Collège Sévigné (jusqu’au 4 avril 1933). En décembre, il publie un article « Le langage de Bach » dans la Revue musicale.

Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler est chancelier d’Allemagne. En mars, Alain publie un article « Une interprète de Beethoven » dans la Revue musicale. Le 23 juin est créé le Comité mondial contre la guerre et le fascisme (dit Comité Amsterdam-Pleyel). Le 3 juillet, Alain donne sa dernière leçon au lycée Henri IV. Le ministre de l’Éducation nationale, Anatole de Monzie (1876-1947) et le recteur de Paris ont assisté à la leçon précédente. Le 1er août Alain dès son arrivée au Pouldu commence à écrire Les Dieux qu’il achèvera le 20 septembre. En octobre Alain donne son point de vue sur le fascisme dans Avant-Poste. Revue de Littérature et de Critique. Le 23 décembre, il fait paraître un livre, Propos de littérature chez Hartmann.

Le 6 février 1934 a lieu une émeute antiparlementaire à Paris de l’extrême-droite qui est comprise par la gauche comme une insurrection fasciste. Le 1er mars Alain répond à la question : « Le parlementarisme a-t-il fait faillite ? » dans la Revue mondiale. Le 5 mars paraît, dans les Libres propos, le Manifeste du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes créé par Alain, le médecin et ethnologue Paul Rivet (1876-1958), professeur au Museum et le physicien Paul Langevin (1872-1946), professeur au collège de France. Le 10 mars, Alain donne sa réponse à la question « Les écrivains doivent-ils faire du journalisme ? », dans le n°217 de Toute l’édition. Le 20 avril il fait paraître un livre, Les Dieux à la N.R.F., dans l’édition originale préparée par l’écrivain André Malraux (1901-1976). Le 15 juin il publie un « Message à la jeunesse » dans la revue Europe. Le 15 novembre, il fait paraître un article : « 20 ans après ou Mars refroidi » dans Europe. En novembre-décembre, avec Paul Rivet et Paul Langevin, il lance l’« Appel du comité de Vigilance des intellectuels ». Le 15 décembre, il publie un article « Pourra-t-on éviter une révolution ? » dans la Revue Mondiale. Il publie un livre, Propos de Politique chez Rieder.

Le 15 mars 1935, il fait paraître En lisant Balzac, laboratoires Martinet. Le 16 mai paraissent les Propos d’économique à la N.R.F. Le 15 juin « Hommage à Victor Hugo » dans Europe et Stendhal chez Rieder.

Le 30 janvier 1936, « La Jeune Parque », poème de Valéry est commenté par Alain dans la N.R.F. Le 15 février, il signe avec Paul Langevin et Paul Rivet une lettre, « Pour la vigilance aux yeux ouverts ». Le 20 mars, Alain donne un « Questionnaire à propos des récents événements internationaux » dans Vigilance. Les 26 avril et 3 mai le Front populaire gagne les élections législatives. En mai et en juin de nombreuses grèves avec occupation des usines on lieu. Le 3 juin, Alain publie un livre d’autobiographie intellectuelle, Histoire de mes pensées à la N.R.F. Le ministère de Léon Blum (1872-1950) est constitué le 4 juin. Cécile Brunschvicg (1877-1946) entre au gouvernement. Le 7 juin, les accords de Matignon amènent les lois instituant les congés payés et la semaine de quarante heures. Le 18 juillet, le général Franco se soulève : c’est le début de la guerre civile d’Espagne.

En mai 1937, Alain publie un livre, Souvenirs de guerre, chez Hartmann. En octobre, il publie un autre livre, Entretiens chez le sculpteur toujours chez Hartmann. En novembre, c’est un nouveau livre, Les Saisons de l’Esprit, édité à la N.R.F.

En septembre 1938, il publie un article, « Le Poète et le Roi » dans la Revue de Paris, futur chapitre III des Humanités (1946). En septembre-novembre, il publie « Le Roi Pot » dans la Nouvelle Revue Française. Le 21 décembre Alain est au Vésinet où il entreprend de rédiger son Journal (qu’il tiendra jusqu’à sa mort). Il publie un recueil de Propos sur la religion chez Rieder.

Le 15 février 1939, il publie un article « Du romanesque d’ambition ou de l’amour chez Stendhal » dans la Revue de Paris (futur chapitre V des Humanités, 1946). En mars, il publie un livre, Minerve ou de la sagesse chez Hartmann. Il donne « Le déjeuner chez Lapérouse » dans la Nouvelle Revue Française (futur chapitre IX des Humanités, 1946). Le 15 mars, il donne Suite à Mars ; Convulsions de la Force à la N.R.F. Le 18 mars, il donne Suite à Mars : Echec à la Force à la N.R.F. Il donne également « Le fantastique et le réel dans les Contes de Dickens » dans la Nouvelle Revue Française ainsi que « Saint-Simon ». Le 1er septembre, la deuxième guerre mondiale commence par l’invasion de la Pologne par l’Allemagne et le 3 par la déclaration de guerre de l’Angleterre et de la France à l’Allemagne. Alain signe le tract « Paix immédiate » rédigé par l’anarchiste Louis Lecoin. Le 23 septembre, Gabrielle Landormy vient au Pouldu voir Alain à qui les rhumatismes ne permettent plus de se déplacer par lui-même. Le 29 décembre, il publie Préliminaires à l’Esthétique à la N.R.F.

Le 1er mars 1940, Alain publie « L’imagination dans le roman » dans la Revue de Paris. Après d’âpres combats en mai et en juin, le Maréchal Pétain (1856-1951), devenu président du Conseil le 16 juin demande l’armistice. Le 18 juin, le Général de Gaulle (1890-1970) appelle à la résistance. L’armistice est signé le 22 juin. Le 10 juillet, les deux Chambres accordent les pleins pouvoirs à Pétain à Vichy : la III° république est remplacée par le régime de Vichy. En juillet et août, Alain au Vésinet écrit Portraits de Famille. C’est en juillet qu’il note dans son journal : « J’espère que l'Allemand vaincra ; car il ne faut pas que le général de Gaulle l’emporte chez nous. Il est remarquable que la guerre revient à une guerre juive, c’est-à-dire à une guerre qui aura des milliards et aussi des Judas Macchabées. » (cité dans Epstein 2001, p.222). Le 21 août il écrit sur Jules Lagneau. En septembre, il écrit sur la philosophie de Jules Lagneau.

En mars-avril 1941, il publie Les aventures du Cœur dans la Nouvelle Revue Française. En mai Simone Weil adresse sa dernière lettre à Alain. Le 2 novembre Marie Monique Morre-Lambelin meurt.

En 1942, Alain publie Les Vigiles de l’Esprit à la N.R.F.

En août 1943, Alain lit la Phénoménologie de l’Esprit de Hegel. Le 24 août son ancienne élève Simone Weil meurt. Le 17 septembre, il publie Préliminaires à la mythologie chez Hartmann. Puis, il publie Abrégé pour les aveugles aussi chez Hartmann.

Le 6 juin 1944, c’est le débarquement allié en Normandie. Le 1er août Jean Prévost meurt dans le maquis du Vercors. Le 25 août Paris est libéré.

En février 1945, Gabrielle Landormy arrive à Paris avec l’armée du Maréchal Juin, après avoir fait la campagne d’Italie comme infirmière. Le 8 mai le III° Reich capitule. Le 5 juillet, il publie Les aventures du cœur, Hartmann. En lisant Dickens, N.R.F. Le 30 décembre Alain épouse Gabrielle Landormy au Vésinet.

Du 22 mars au 18 avril 1946, il écrit les Lettres à Sergio Solmi sur la philosophie de Kant, publiées chez Hartmann. En avril, il publie « Rabelais » dans le premier numéro des Cahiers de la Pléiade, premier chapitre de son recueil d’article, Humanités, qui est publié aux Éditions du Méridien. Portraits de Famille (extraits), dans la Table ronde.

En mars-avril 1947, Alain écrit les Souvenirs sans égards. Le 25 août Alain écrit Souvenirs de musique. Il publie une série d’articles dans le Mercure de France (« Essai sur les pouvoirs civils et militaires » ; « Théologien amateur » ; « Littérature anglaise » ; « Les difficultés de la Phénoménologie de Hegel »).

En 1948, il publie des articles dans les Nouvelles Littéraires et le Mercure de France (« Chateaubriand » ; « George Sand » ; « Structure paysanne »).

En 1949, il publie des articles sur César Franck, Balzac, Claudel, Wilhelm Meister, poème de l’humanité.

Le 25 mars 1950, Alain répond à la question : « La France est-elle toujours cartésienne ? » dans le Figaro Littéraire. En avril, il publie « Simone Weil » dans la Table Ronde.

Le 10 mai 1951, Alain reçoit le Grand Prix National des Lettres, décerné pour la première fois. Le 2 juin Alain meurt dans sa maison du Vésinet. Le 6 juin, il est enterré au cimetière du Père Lachaise.

 

Le 22 juin 1951 est fondée l’Association des Amis d’Alain, dont le premier président est André Maurois. Le 1er décembre, le Mercure de France publie les Définitions d’Alain.

 

Œuvres.

Parmi ses œuvres, et sans mentionner tous les recueils de Propos, composés de son vivant ou après sa mort (environ 5000), on peut citer : Spinoza (1901, puis 1949 dans une édition augmentée) ; Quatre-vingt-un Chapitres sur l’Esprit et les Passions (1916) qui deviendra les Éléments de philosophie (1941) ; Petit Traité d’Harmonie pour les aveugles (en braille, 1918) ; le Système des Beaux-Arts, rédigé pour les artistes, en vue d’abréger les réflexions préliminaires (1920) ; Mars ou la guerre jugée (1921 et 1936) ; Lettres au docteur Henri Mondor sur le sujet du cœur et de l’esprit (1924) ; Propos sur le bonheur, Souvenirs concernant Jules Lagneau (1925) ; Le citoyen contre les pouvoirs (1926) ; Les Idées et les âges, Esquisses de l’homme (1927) ; les Entretiens au bord de la mer (1931) ; Idées (Platon, Descartes, Hegel), Propos sur l’éducation (1932) ; Les Dieux (1934) ; Stendhal, En lisant Balzac (1935) ; Histoire de mes pensées (1936) ; Souvenirs de guerre, Entretiens chez le sculpteur, Les Saisons de l’esprit (1937) ; Minerve ou de la sagesse (1930) ; les Vigiles de l’esprit (1942) ; Préliminaires à la mythologie (1943) ; Les aventures du cœur, En lisant Dickens (1945) ; Lettres à Sergio Solmi sur la philosophie de Kant (1946).

 

Posthumes.

Définitions (1951).

 

Bibliographie.

 

Sources internet

http://alinalia.free.fr/

http://www.alainmortagne.fr/

 

Articles.

Jacomino Baptiste, « Alain et la réflexion républicaine sur l’école », in Les Sciences de l’éducation – Pour l’Ère nouvelle, 2010/1 Vol. 43, p. 63-79.

A.-V. Baillot, « L’individualisme d’Alain », Bulletin de l’Association Guillaume Budé, Lettres d’humanité, n°31, décembre 1972, p.547-548.

547-548.Georges Canguilhem, « Réflexions sur la création artistique selon Alain » Revue de métaphysique et de morale, n°2, 1952 ; reproduit dans le n° 69 des Cahiers philosophiques, décembre 1996.

Georges Jessula, « Armand Lunel, homme de lettres », Archives Juives, 2006/1, volume 39

Alain Michel, « Alain, Les propos d'un Normand, 1906-1910 », Bulletin de l’Association Guillaume Budé, n°2, juin 1996, p.182-190.

Georges Pascal « Alain, le philosophe enraciné » in Études normandes n°1, 1994.

 

Ouvrages.

Epstein 2001 : Simon Epstein, Les Dreyfusards sous l’occupation, 2001, Albin Michel

Leterre 2006 : Alain Leterre, Alain, le premier intellectuel, Stock, 2006.

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Jan Patočka : biographie

Le philosophe Jan Patočka est né le 1er juin 1907 à Turnov, en Bohème. Son père était un philologue classique. Il fait ses études au Gymnase (lycée) moderne de Prague. Son père lui apprend le grec. Il étudie à l’université Charles, à Prague, la philologie slave, la romanistique et la philosophie.

Grâce à une bourse, il part en France en 1928-1929. Il suit à la Sorbonne les cours de Jacques Brunschvicg (1869-1944). Il écoute Pierre Janet (1859-1947) et entend Édouard Le Roy (1870-1954), disciple et successeur de Bergson (1859-1941) au Collège de France. Il rencontre le futur historien des sciences Alexandre Koyré (1892-1954) qui donne des cours à l’École des Hautes Études. Il assiste aux Conférences de Paris d’Edmund Husserl (1859-1938) l’École des Hautes Études. Elles seront publiées sous le titre de Méditations cartésiennes.

Il revient à Prague. Il passe ses examens d’État et les rigorosa. Il soutient sa thèse de doctorat sur le concept d’évidence.

En 1932-1933, grâce à une bourse de la Fondation Humboldt il part étudier à Berlin et à Fribourg-en-Brisgau. Il participe aux séminaires de Nikolaï Hartmann (1882-1950) et de Martin Heidegger (1889-1976). Il fait la connaissance personnelle d’Edmund Husserl et d’Eugen Fink (1905-1975), alors son assistant. Dans le même temps, il étudie la philosophie antique et la philosophie allemande classique.

En 1937, il soutient à Prague, sa thèse d’habilitation, Le monde naturel comme problème philosophique. Après la fermeture des universités tchèques, en 1939, il enseigne dans différents lycées de Prague jusqu’en 1944.

Après la guerre finie, il revient à la faculté de philosophie de Prague. En 1950, il doit quitter la Faculté. Il est employé de la Bibliothèque Masaryk. En 1954, après la dissolution de la Bibliothèque, il est affecté à l’Institut de recherches pédagogiques du ministère de l’Instruction à Prague. En 1956, il se retrouve à l’Institut pédagogique de l’Académie des sciences. En 1958, il est affecté à l’Institut de philosophie de l’Académie, où il reste jusqu’à l’automne 1965.

À l’automne 1964, il donne une série de conférences à Louvain. Il enseigne un semestre comme enseignant-invité à Mayence en 1964-1965. En 1967-1968, il est enseignant-invité à Cologne.

En 1968, il devient, après avoir fait une demande dès 1945, professeur ordinaire à la Faculté de philosophie de Prague.

En 1971, il est expulsé de l’université.

En 1977, il signe la Charte 77 et devient, avec Jiří Hájek (1913-1993) et Václav Havel (1936-2011), l’un de ses premiers porte-paroles. Il meurt d’une hémorragie cérébrale le 13 mars, à la suite de nombreux interrogatoires subis par la police d’Etat.

 

Œuvres en français.

Le Monde naturel comme problème philosophique, traduit par Jaromír Daněk et Henri Declève, La Haye, Martinus Nijhoff, 1976 ; Essais hérétiques sur la philosophie de l’histoire, traduit par Erika Abrams, Verdier, 1981 ; Platon et l’Europe, traduit par Erika Abrams, Lagrasse, Verdier, 1983 ; La Crise du sens, tome 1, Comte, Masaryk, Husserl, traduit par Erika Abrams, Bruxelles, Ousia, 1985 ; La Crise du sens, tome 2, Comte, Masaryk et l’action, traduit par Erika Abrams, Bruxelles, Ousia, 1986 ; Le Monde naturel et le mouvement de l’existence humaine, édité et traduit par Erika Abrams, Dordrecht, Kluwer Academic Publishers, 1988 ; Qu’est-ce que la phénoménologie ?, édité et traduit par Erika Abrams, J. Millon, 1988 ; L’Écrivain, son « objet », édité et traduit par Erika Abrams, P.O.L, 1990 ; L’Art et le Temps, édité et traduit par Erika Abrams, P.O.L, 1990 ; Liberté et sacrifice. Écrits politiques, édité et traduit par Erika Abrams, J. Millon, 1990 ; L’Idée de l’Europe en Bohême, édité et traduit par Erika Abrams, J. Millon, 1991 ; Papiers phénoménologiques, édité et traduit par Erika Abrams, J. Millon, 1995 ; Conférences de Louvain, sur la contribution de la Bohême à l’idéal de la science moderne, texte établi par Valérie Löwit et Filip Karfík, Bruxelles, Ousia, 2001 ; L’Europe après l’Europe, édité par Erika Abrams, traduit par Erika Abrams et Marc B. de Launay, Lagrasse, Verdier, 2007 ; Aristote, ses devanciers, ses successeurs, traduit par Erika Abrams, Vrin, 2011 ; Éternité et historicité, traduit par Erika Abrams, Verdier, 2011.

 

 

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La guerre - biographie de Clausewitz (1780-1831)

Felipe Giménez Pérez (né en 1961), "Clausewitz, el pensador de la guerra"

Felipe Giménez Pérez (né en 1961), "Clausewitz, el pensador de la guerra"

Vie.

Carl Philipp Gottlieb von Clausewitz est né le 1er juin 1780 à Burg, non loin de Magdebourg. Son père, Friedrich Gabriel Clausewitz (1740- ?), fils d’un professeur de théologie, est percepteur. Il revendique des origines nobles comme le montre l’introduction du von accolé au nom de Clausewitz. Il a reçu une commission d’officier pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763). Cette guerre oppose la France à la Grande Bretagne et l’Autriche à la Prusse. Friedrich Clausewitz est démis de ses fonctions à la fin de la guerre, soit à cause d’une blessure à la main, soit en raison de son extraction modeste qui infirme sa revendication de noblesse. Trois de ses frères choisiront la carrière militaire, le quatrième la théologie. Quant à son fils, Carl, il est le cinquième d’une phratrie de six enfants : il a trois frères et deux sœurs, Gustav, Friedrich (1771- ?), Wilhelm, Charlotte et enfin Johanna.

Jusqu’à l’âge de douze ans, il fréquente l’école latine locale (Lateinschule). Grâce aux relations de son père, il entre comme porte-enseigne ou porte-étendard (Fahnenjunker ou cadet) au 34ème régiment d’infanterie à Potsdam en 1792.

Nommé Officier en 1793, c’est-à-dire à treize (la notion d’enfant soldat est récente) il reçoit son baptême du feu au siège de Mayence. La ville fut remise par Kleber en l’échange d’un départ libre de ses troupes par une coalition de Prussiens et d’Autrichiens. Il participe aux campagnes de la première coalition en France durant les guerres révolutionnaires (1792-1794).

En 1795, il rejoint la garnison de Neuruppin où il est promu lieutenant. Il lit les écrits militaires de Frédéric II de Prusse, un de ses héros (cf. Eric Weil, « Guerre et Politique selon Clausewitz, in : Revue française de science politique, volume 5, n°2, janvier-avril 1955 ; sur Frédéric II héros de Clausewitz, cf. René Girard [né en 1923], Achever Clausewitz – Entretiens avec Benoît Chantre, Carnets Nord, 2007, p.252-253).

De 1796 à 1801, il profite de la vie de garnison pour satisfaire sa curiosité intellectuelle et perfectionner ses connaissances dans de nombreux domaines.

Il est admis à l’académie militaire de Berlin en octobre 1801. L’établissement est dirigé par Gerhard Von Scharnhorst (1755-1813), qui n’est pas noble malgré le Von. Il devient son mentor et son protecteur.

En 1803, il devient sur la recommandation de Scharnhorst, aide de camp du prince Auguste de Prusse (1779-1843). Il lit et annote entre autres, le stratège et historien grec Polybe (203-120 av. J.-C.), l’homme politique et le philosophe politique florentin Nicolas Machiavel (1469-1527), auteur de L’art de la guerre (1521).

Il sort en 1804 parmi les meilleurs de sa promotion. Il rédige un traité : La Stratégie. Il fréquente la grande noblesse et la cour.

Il participe aux campagnes de 1806. Le 14 octobre, bataille d’Auerstaedt et d’Iena : victoires éclatantes de Napoléon 1er (1769-1821) ou déroutes prussiennes. Le 28, le prince capitule à Prenzlau. Clausewitz est capturé par les Français. Il passe pratiquement deux ans en captivité, en France (à Nancy) et en Suisse. Il profite de sa captivité pour se cultiver. Il apprécie les arts, notamment le poète Schiller. Le 27 octobre, Napoléon 1er entre dans Berlin occupé.

Clausewitz est libéré en 1807. Il séjourne chez l’écrivaine et essayiste suisse, Mme de Staël (1766-1817), adversaire de Napoléon 1er. Elle est l’amie du général Bernadotte (1763-1844). Il a des contacts avec le critique et philosophe Friedrich Schlegel (1772-1829). Il suit à Berlin les cours de Johann Kiesewetter (1766-1819), un vulgarisateur de la philosophie d’Emmanuel Kant (1724-1804). Le 13 décembre, le philosophe postkantien Fichte (1762-1814) commence à donner à Berlin les conférences constituant ses Discours à la nation allemande (« Reden an die deutsche Nation ») qui invitent à rejeter l’occupation française sur la base d’une supériorité des allemands sur les français, les premiers ayant conservé la pureté de leur langue à l’inverse des seconds.

En 1808, Fichte poursuit ses conférences contre les Français.

En 1809, Clausewitz devient l’assistant de Scharnhorst qui réorganise l’armée prussienne. Il est promu capitaine par le prince Auguste.

En 1810, il est promu major, nommé professeur à l’académie militaire et devient responsable de la formation militaire du prince cadet de Prusse, le futur Guillaume Ier (1797-1861-1888) lorsqu’il succédera à son frère aîné, mort sans enfant. Il deviendra après la défaite française de 1870 le premier empereur d’Allemagne. Clausewitz se marie avec Marie comtesse Von Brühl (1879-1836).

Le 31 décembre 1811, l’alliance franco-russe est rompue : la guerre va reprendre.

En 1812, Napoléon 1er soumet la Prusse à une alliance, c’est-à-dire à l’intégration à la politique française. Clausewitz refuse la collaboration militaire avec les Français. Il participe à la rédaction de manifestes (Bekenntnisse) rejetant cette alliance avec d’autres officiers prussiens. Il publie son enseignement au prince cadet sous le titre : Des principes de la guerre ou Principes de l’enseignement ou Théorie du combat. Il quitte en mai son pays, la Prusse, pour rejoindre l’armée impériale russe. Il est recommandé par le général et comte Neidhardt Von Gneisenau (1760-1831). En juin commence la campagne de Russie qui oppose la Grande armée de Napoléon 1er au tzar Alexandre 1er (1777-1801-1825). Clausewitz conseille au tzar le repli conformément à sa théorie de la supériorité de la défense sur l’attaque. Des 5 au 7 septembre a lieu la bataille de la Moskowa. Le 14 septembre, Napoléon 1er entre dans Moscou. Le 19 octobre, il abandonne Moscou. Commence le retrait. Clausewitz parvient à retourner les généraux prussiens notamment le corps d’armée du Général Johann David Ludwig Yorck von Wartenburg (1759-1830) contre les Français. La contre attaque russe après la prise de Moscou incendiée par l’armée française est un désastre pour l’armée de Napoléon 1er. Il est symbolisé par le passage de la Bérézina du 26 au 28 novembre. Clausewitz apparaîtra dans le roman de Léon Tolstoï (1828-1910), Guerre et paix, (1865-1869) qui porte sur la campagne de Russie.

En 1813, il devient alors officier de liaison russe auprès de l’état-major de Gebhard Leberecht Von Blücher (1742-1819) puis chef d’état-major de la légion germano-russe.

En 1814, il réintègre l’armée prussienne avec le grade de colonel. Il participe à la campagne de France qui se déroule de janvier à avril où Napoléon Bonaparte fait montre de son génie militaire contre la coalition de la Russie, de la Prusse, de l’Angleterre, de la Suède – dont l’armée est dirigée par Bernadotte, l’ancien général de Napoléon Bonaparte devenu roi de Suède –, de l’Autrice, de la Bavière et du Wurtemberg. Le 6 avril, Napoléon 1er abdique à Fontainebleau (sur cette campagne et sur Napoléon, modèle de Clausewitz, cf. René Girard, Achever Clausewitz, p.247-251. Clausewitz commente la campagne dans le livre II de son De la guerre).

Le 1er mars 1815, Napoléon revient. Il reprend le pouvoir et les hostilités reprennent. Clausewitz participe à la campagne contre la France en tant que chef d’état-major du 3ème corps d’armée de Prusse du général Von Thielmann. Il participe d’abord à la défaite des Prussiens commandés par Blücher à la bataille de Ligny le 16 juin. Il participe ensuite à la bataille de Wavre les 18 et 19 juin opposant les Prussiens au maréchal Grouchy. Ce dernier est vainqueur. Mais, il a été suffisamment bloqué pour ne pas pouvoir rejoindre la bataille de Waterloo qui a lieu le 18 juin, au contraire de Blücher qui, aidant Arthur Wellesley, 1er comte puis marquis puis duc de Wellington (1769-1852), vit la défaite de Napoléon 1er dont il ne se relèvera pas. Au lendemain du congrès de Vienne (18 septembre 1814 au 9 juin 1915), au cours duquel les vainqueurs du conflit contre le premier empire français ont défini les frontières de l’Europe, Clausewitz est mécontent de son résultat. Car la France lui paraît toujours dangereuse comme le montre la correspondance avec sa femme (cf. Alexandre Adler, « Vers une nouvelle théorie de la guerre », Études, 2002/1 Tome 396, p. 9-16 ; René Girard, Achever Clausewitz, p.162-163).

En 1816, il est membre de l4 état-major du général Von Gneisenau à Coblence. C’est à cette époque qu’il rédige pour lui-même quelques pages sous le titre : Des avantages et inconvénients de la milice (Landwehr) prussienne dans laquelle il analyse la situation politique impliquée par le fait d’armer le peuple (cf. Eric Weil, op. cit. p.309).

En 1818, il est promu major-général. Le 9 mai, il est nommé directeur de l’administration de l’académie militaire de Berlin, poste qu’il occupe jusqu’en 1830. Écarté de l’enseignement, il met ces années à profit pour se consacrer à l’étude et à la rédaction de son œuvre. Dans le même temps, Hegel (1770-1831) arrive à Berlin. Contrairement à ce que Lénine (1870-1924) croira et écrira dans Le krach de la II° Internationale (1915), Clausewitz semble l’avoir méconnu.

En 1819, il publie Des Avantages et inconvénients de la milice (Landwehr) prussienne.

Sur la base de son œuvre, la noblesse de sa famille est reconnue par un patent royal de Frédéric Guillaume III (1770-1790-1840) en 1827 (cf. Eric Weil, « Guerre et Politique selon Clausewitz in : Revue française de science politique, 1955, n°2). On peut citer de lui un passage d’une lettre à Friedrich Erhard Leopold Von Röder (1768-1834), un général de cavalerie prussien. Il y énonce sa grande idée :

« La guerre n’est pas un objet indépendant, mais la continuation de la politique avec des moyens changés ; c’est pourquoi pour leur majeure partie, les lignes principales de tous les grands projets stratégiques sont de nature politique… Aussi ne saurait-il être question d’une appréciation purement militaire d’un grand Tout stratégique ni d’un projet purement militaire pour un tel Tout. » cité par Eric Weil, op. cit).

La même année, il relate dans La Campagne de 1815 en France, sa participation à la défaite de Napoléon 1er durant les Cent jours.

À partir de 1829, il rédige le chapitre I du livre I de De la guerre.

Le 19 août 1830, Clausewitz est nommé inspecteur de l’artillerie à Breslau (l’actuelle Wroclaw).

En 1831, il est chef d’état-major de l’armée de Gneisenau qui réprime la révolution polonaise. Nommé suite au décès de Gneisenau par le choléra, il est cependant remplacé peu de temps après. Comme militaire, il n’a pas démontré de qualités de stratège (cf. Eric Weil, ibid.). Il meurt du choléra le 16 novembre 2 jours après Hegel terrassé par la même maladie ou par la dépression.

 

Œuvres.

Entre 1832 et 1837, sa femme Marie fait publier son œuvre.

Son traité majeur De la guerre (Vom Kriege) est avant tout une compilation d’écrits épars qui est publié la première fois en trois volumes de 1832 à 1834.

On trouve plusieurs éditions de cette œuvre en français.

De la guerre, traduction par le Lieutenant-Colonel De Vatry, éditée une première fois en trois tomes par la Librairie militaire Baudoin (1886), puis édition complétée et révisée par Jean-Pierre Baudet, volume relié, Champ Libre, 1989 ; éditions Ivrea, 2000.

De la guerre, traduction de Jean-Baptiste Neuens, Paris, Astrée, 2014.

De la guerre, traduction de Denise Naville, préface de Camille Rougeron et Pierre Naville, Paris, Minuit, 1955.

De la guerre, traduction de Nicolas Waquet, Éditions Rivage poche, 2006. L’ouvrage est un abrégé.

On trouve également d’autres œuvres en français :

Théorie du Combat. Enseignement militaire au prince de Prusse, Astrée, 2013.

De la révolution à la restauration. Ecrits et lettres, trad. M. L. Steinhauser, Paris, Gallimard, 1976.

Principes fondamentaux de stratégie militaire, rédigé en 1812 et destiné à la formation militaire du Prince de Prusse, traduction de Grégoire Chamayou, Paris, Mille et une nuits, 2006.

Sur la guerre et la conduite de la guerre : Éclairage stratégique de plusieurs campagnes (tomes IX et X) : Gustave Adolphe, Luxembourg, Frédéric Le Grand, La Maison du dictionnaire, Traduction de G. Reber, 2008.

La Campagne de 1796 en Italie, Librairie militaire Baudoin, Paris, 1899.

Campagne de 1799 en Italie et en Suisse, Librairie militaire Chapelot, Paris, 1906. Réédition aux éditions Champ libre en 1979.

Notes sur la Prusse dans sa grande catastrophe, traduction de A. Niessel, Paris, Champ libre, 1976.

La Campagne de 1812 en Russie, traduction de M. Bégouën, Bruxelles, Complexe, 2005

La Campagne de 1813 et la campagne de 1814, Librairie militaire Chapelot, Paris, 1900

Campagne de 1814, traduction de G. L. Duval de Fraville, Paris, Champ libre, 1972.

Campagne de 1815 en France, traduction de A. Niessel, Paris, Champ libre, 1973.

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La guerre - Biographie d'Eschyle

Eschyle (~525-~456 av. J.-C.)

Eschyle (~525-~456 av. J.-C.)

Vie.

En 534, sous le règne du tyran Pisistrate (~600-561-527 av. J.-C.), aurait eu lieu la première représentation tragique aux Grandes Dionysies à Athènes (cf. Jacqueline De Romilly 1980, p. 65 ; Meier 2004, p. 60, p. 70 ; Vernant/Vidal-Naquet 1986, p. 17). Cette fête religieuse se tenait à la fin du mois de mars sur les flancs de l’Acropole. Cette innovation par rapport au chœur de dithyrambe aurait été l’œuvre de Thespis (~580- ?), le créateur de la tragédie, personnage peut-être légendaire (Vidal-Naquet 1972, p. 92, p. 93). Les Grecs croyaient en son existence comme le montre la mention de ses danses dans Les Guêpes d’Aristophane (~445-~386 av. J.-C.) ou le dialogue que lui fait tenir Plutarque avec Solon (cf. Plutarque, Solon ; Vidal-Naquet 2002, p.14-15).. Il aurait introduit un premier acteur dialoguant avec le chœur. Pisistrate, quant à lui, régnait depuis 561 environ où il avait accédé au pouvoir grâce au peuple en profitant des conflits opposant les grandes familles aristocratiques (cf. Mossé 1971, p. 20 et sq. ; Poursat 1995, p. 148). Sa tyrannie (ou royauté), entrecoupée de deux exils, passe pour avoir été assez bienveillante (cf. Mossé 1971, p. 22).

Eschyle, fils d’Euphorion (expression qu’on trouve sous la plume d’Hérodote, Histoires, II Euterpe, 156), naît à Éleusis, sur le territoire de la cité d’Athènes en 525/524 pendant la tyrannie des fils de Pisistrate, Hippias ( ?-490 av. J.-C.) et Hipparque ( ?-514 av. J.-C.). Peut-être que sa famille était noble (contra Saïd 1997, p. 135). On lui attribue deux frères, Cynégire et Ameinias (ou Aminias), et une sœur dont les enfants furent des poètes tragiques. Lui-même eut deux fils, Euphorion – comme le père d’Eschyle – et Euaion (ou Eubion ou Evéon ou encore Bion selon Victor Hugo dans son William Shakespeare qui suit un des noms donnés par le court article que Suidas – l’auteur présumé de l’encyclopédie intitulé Souda du ix° siècle – a consacré à Eschyle), qui devinrent des poètes tragiques. Il a dû apprendre à lire et à écrire. Mais il a dû également s’initier au théâtre s’il est vrai que même le génie a besoin de savoir-faire.

Concernant sa formation, nous sommes dans une certaine ignorance. Quant à sa vocation, les anciens avaient une explication simple que nous a donné Pausanias (~115-~180) dans sa Description de la Grèce : « Eschyle disait qu’enfant, il s’était endormi dans la campagne alors qu’il surveillait des vignes. Dionysos lui apparut et lui ordonna de composer une tragédie. Aussitôt éveillé – comme il voulait obéir – il s’y essaya, et la composa sans difficulté. » (I, XXI, 2 ; cf. Palomar Perez 1988, p.66)

A-t-il été initié aux mystères d’Éleusis ? On l’infère d’un passage des Grenouilles (406/405 av. J.-C.) d’Aristophane (v.886 sq.). Il fut plus tard accusé d’avoir dévoilé une partie des dits mystères dans une de ses tragédies (laquelle ?). Or, il se défendit en prétendant ne pas les connaître au témoignage d’Aristote (384-322 av. J.-C., Éthique à Nicomaque, livre III, chapitre 2, 1111a9). Il est donc permis de faire avec Paul Mazon, dans l’introduction de son édition des œuvres d’Eschyle, l’hypothèse qu’il n’y a pas été initié.

En 522, Darios 1er (~550-522-486 av. J.-C.), qui appartenait peut-être à une branche de la famille régnante, devient roi des Perses après une conjuration qui écarta Bardiya ( ?-522 av. J.-C.), fils de Cyrus II le grand ( ?-559-529 av. J.-C.), fondateur de l’empire perse, qui l’avait écarté au profit de son cadet, Cambyse II ( ?-529-522 av. J.-C.). Il épouse Atossa, une des filles de Cyrus.

En 514, Hipparque est assassiné par Aristogiton, un aristocrate, et son jeune amant Harmodios pour une sombre affaire d’honneur. Ils sont tués à leur tour. Hippias règne seul.

En 510, Hippias est chassé d’Athènes avec l’aide des Spartiates commandés par le roi Cléomène 1er ( ?-520-488). Il se réfugie chez les Perses qu’il conseille. Preuve d’une perméabilité entre les Grecs et les Barbares. La tyrannie des Pisistratides prend fin. S’opposent deux hommes, Isagoras ( ?- ?) soutenu par les Spartiates et Clisthène ( ?- ?), fils de Mégaclès.

En 508, Isagoras est archonte. Sa volonté d’instaurer un régime oligarchique et l’intervention de Sparte sont contestés. Clisthène finit par trouver dans le peuple (grec, δῆμος, démos) un soutien décisif contre les oligarques.

En 508, Clisthène donne ses institutions au nouveau régime : la démocratie ou plutôt l’isonomie comme il est préférable de le nommer. Ce régime n’était pas tout à fait nouveau puisque les cités de Corinthe et d’Argos l’avaient adopté (Meier 2004, p. 17). Il résidait dans le partage du pouvoir entre une aristocratie qui conservait son pouvoir d’initiative et un peuple, notamment les couches moyennes, qui participait à la vie politique. L’isonomie se distingue de la démocratie au sens propre en ce que ce n’est pas le peuple qui exerce le pouvoir (cf. Meier 2004, p. 129). Des institutions anciennes, Clisthène conserve :

-Les quatre classes censitaires. À savoir les pentacosiomédimnes (revenu d’au moins 500 médimnes de grains, le médimne valant un demi-hectolitre environ), les hippeis ou chevaliers (revenu d’au moins 300 médimnes), les zeugites (revenu d’au moins 200 médimnes) et les thètes (revenu inférieur au 200 médimnes).

-L’archontat. Il regroupait neuf magistrats, à savoir, l’archonte éponyme, c’est-à-dire qui donne son nom à l’année, le polémarque, chef des armées et le roi dont la fonction n’était que religieuse et les six thesmothètes qui avaient des fonctions législatives – ils proposaient des réformes législatives – et judiciaires – ils présidaient les jurys (cf. Fustel de Coulanges (1830-1899), La cité antique, 1864).

-L’Aréopage. Il regroupait les archontes sortis de charge qui siégeaient jusqu’à la fin de leur vie. L’Aréopage se réunissait sur la colline d’Arès (= le Dieu de la guerre), proche de l’Acropole.

Clisthène change nombre d’institutions. Il fait entrer de nouveaux citoyens dans le corps civique, peut-être des étrangers, voire des esclaves selon un passage difficile d’Aristote dans sa Politique (livre III, 1275 b).

Il commence par remplacer les tribus par une entité locale à laquelle il donne une fonction politique : le dème. Dorénavant, chaque athénien sera nommé d’après son dème et non plus d’après son père (Mossé 1984, p. 153) – du moins officiellement. Les dèmes ont des tailles très variables. On peut admettre qu’ils étaient au nombre de 100 (cf. Lévy 1995, p. 200). Plusieurs dèmes constituent une trittye. Le territoire d’Athènes est découpé en trois zones, l’astu, c’est-à-dire la ville, la zone urbanisée et les ports du Pirée et de Phalère ; la mésogée, c’est-à-dire la zone du milieu et la paralie qui regroupe les régions de la côte. Chaque région a dix trittyes. Avec une trittye de chaque zone, Clisthène crée dix tribus. Les quatre tribus traditionnelles n’ont plus que des attributions religieuses.

Le pouvoir est désormais détenu par l’Ecclésia ou Ekklesia (ἐκκλησία, l’assemblée du peuple), composée des citoyens mâles. Elle a le pouvoir de déclarer la guerre, d’infliger des amendes, de condamner à mort. Elle est parfois un tribunal dans les affaires de haute trahison (eisangélie). Elle se réunit quatre fois par prytanie (donc quarante fois par an). Le vote a lieu en principe à main levée (sauf plus tard pour certains cas comme l’ostracisme).

L’Héliée est le tribunal populaire. Il a 6000 membres, soit 600 par tribus. Regroupés par section, ils siègent en fonction de l’importance du procès au nombre de 201, 501, 1001, 1501 (ou 200, 500, 1000, 1500).

La Boulê (Βουλή, conseil) est formée de cinq cents bouleutes, cinquante par tribu qui sont tirés au sort. Elle examine toutes les propositions des citoyens avant qu’elles soient soumises au vote de l’ecclésia. Elle s’occupe des affaires courantes et assure la permanence du pouvoir : c’est la prytanie qu’exercent cinquante bouleutes d’une tribu qui sont les prytanes pendant un mois (l’année étant divisée en dix mois). Chaque jour un président, l’épistate est tiré au sort.

L’archontat est réformé. Les archontes sont élus à raison d’un par tribu. Aussi un dixième apparaît-il, le secrétaire des thesmothètes. L’archonte éponyme est conservé. Entre autres fonctions, il désigne les chorèges, c’est-à-dire les riches citoyens chargés de financer les pièces de théâtres et organise les processions des grandes Dionysies qui ont lieu dans la deuxième quinzaine de mars (cf. Meier 2004, p. 69 et sq.) durant six jours (Mossé 1971, p. 55). Après un premier jour consacré aux processions, les pièces de théâtre étaient représentées durant cinq jours. Le premier jour voyait les concours de dithyrambes. Les trois suivants, trois tragédies et un drame satyrique par jour et le dernier jour, cinq comédies (cf. Lévy 1995, p. 258).

Les thètes restent exclus des charges en raison de leur pauvreté.

L’armée est toujours commandée par l’archonte polémarque. Elle est composée des citoyens qui peuvent payer leur équipement, c’est-à-dire ceux des trois premières classes censitaires.

Clisthène disparaît peu après sa réforme. Tout se passe comme si ses ennemis avaient réussi à faire disparaître ses traces (Sur Clisthène : Mossé 1971, p. 25-30 ; Mossé 1984, p. 152-156 ; Amouretti/Ruzé 1978, p. 110-115).

D’autres réformes eurent lieu après lui.

C’est en 501/500 que sont créés les dix stratèges élus et que l’armée est répartie en dix corps (Cabanes 2008, p. 168). En outre, les bouleutes prêtent désormais serment à leur entrée en charge comme gardiens des lois de la cité (Mossé 1971, p. 30).

C’est après la réforme de Clisthène que le théâtre quitte l’Agora pour s’installer au pied de l’Acropole. À peu près au même moment, l’assemblée quitte également l’Agora pour s’installer sur la Pnyx (Loraux 1999, p. 29 et sq.).

En 500 débute la révolte des cités grecques d’Ionie (actuelle Turquie) contre la domination perse. Les Athéniens la soutiennent. On peut les considérer comme les agresseurs des Perses (cf. Meier 2004, p.97). Cette année-là ou plus tard, Eschyle fait ses débuts au théâtre. La tradition veut qu’il ait toujours composé ivre, c’est-à-dire inspiré par le Dieu Dionysos (cf. Palomar Perez 1988, p. 67). En outre, il aurait été acteur dans ses pièces (cf. Palomar Perez 1988, p. 73-75). On lui doit l’introduction d’un deuxième acteur à une date inconnue ainsi qu’une réforme de la tragédie selon le témoignage d’Aristote :

« Le premier, Eschyle porta d’un à deux le nombre des acteurs ; il diminua la partie du chœur et donna le premier rôle au dialogue. » Aristote, La Poétique, chapitre 4, 1449a16-20, traduction Roselyne Dupont-Roc et Jean Lallot, Seuil, 1980.

En 495 (peut-être en 496) naît Sophocle (~495-~405)

En 494, Milet est prise par les Perses après la défaite des Ioniens à la bataille de Ladé (Cabanes 2008, p. 160). Ses habitants sont massacrés ou vendus en esclavage. Les Athéniens qui avaient soutenu le soulèvement de l’Ionie ne firent finalement rien.

En 493/492, Thémistocle (~528-462) qui est archonte, attribue un chœur à Phrynichos (~540-~470 av. J.-C.). Il donne à Athènes une tragédie sur l’histoire récente : la Prise de Milet. La représentation fait fondre en larmes le public. Ce succès constitue une attaque contre le gouvernement du moment qui règne depuis 498 et qui est favorable à Sparte. Le poète est condamné à une amende de mille drachmes selon le témoignage d’Hérodote (~484-420 av. J.-C.) (« Le théâtre fondit en larmes à la représentation de la tragédie de Phrynikos, dont le sujet était la prise de cette ville ; et même ils condamnèrent ce poète à une amende de mille drachmes, parce qu’il leur avait rappelé la mémoire de leurs malheurs domestiques : de plus, ils défendirent à qui que ce fût de jouer désormais cette pièce. » Hérodote, Histoires, VI, 21) et celui de Strabon (~58 av. J.-C.-~25 ap. J.-C.) qui s’appuie sur une autre source qui n’est peut-être pas indépendante de la première (« À ce propos-là même, Callisthène [historien du iv° siècle av. J.-C.] rappelle comment les Athéniens punirent de 1000 drachmes d’amende le poète tragique Phrynichos, pour avoir fait un drame de la prise de Milet par Darius. » Strabon, Géographie, XIV, 1, 7) (cf. Loraux 1999, note 1 p. 143, p. 67 sq., p. 131). On peut y voir une réplique du gouvernement (Cabanes 2008, p. 161). Cela montre une dimension politique de la tragédie (cf. Vidal-Naquet 2002, p.10-11). Phrynichos introduisit dans les tragédies des personnages féminins … joués par des hommes.

En 492, Darios 1er confie une première expédition punitive à son neveu Mardonios ( ?-479 av. J.-C.), fils de sa sœur. C’est un échec.

En 490, Darios 1er reprend son projet. Les Perses envahissent la Grèce. Certaines cités s’allient à eux. Nouvelle preuve que l’opposition entre les Grecs et les Barbares n’est pas si évidente que cela dans la pratique. L’ancien tyran Hippias se fait le guide des Perses. Eschyle prend part à la bataille décisive de Marathon en septembre, avec un de ses frères, Cynégire, qui y trouva la mort selon une interprétation d’Hérodote (Histoires, VI, 114). Il participe à la victoire de la coalition grecque constituée des seuls Athéniens et Platéens commandée par le stratège athénien Miltiade (540-489 av. J.-C.). Le contingent spartiate arrive en retard car les Spartiates étaient occupés à célébrer une fête (cf. Meier 2004, p. 18). Les Perses avaient envoyé la flotte pour prendre Athènes. Après la bataille, les hoplites athéniens rentrent dans leur cité à marche forcée. Ils arrivent avant la flotte perse qui renonce. C’est la fin de la première guerre médique. Si Darios 1er ne reprit pas les hostilités, ce n’est pas par sagesse comme le personnage des Perses d’Eschyle, mais parce qu’une révolte en Egypte l’en empêcha.

À partir de 488/487 l’ecclésia commence à prononcer la peine d’ostracisme contre un citoyen soupçonné de vouloir établir la tyrannie. Peut-être que Clisthène l’avait institué et qu’il n’avait pas été utilisé (cf. Lévy 1995, p. 202). Pour cela, l’ecclésia se réunit sur l’Agora (y compris lorsque l’assemblée migrera vers la Pnyx) chaque année à la sixième prytanie pour examiner à main levée s’il y a matière à prononcer un ostracisme. En cas de réponse positive, l’examen se fait deux mois après. Si au moins six mille votants se décident en mettant un nom sur un tesson de poterie (ostracos), le citoyen part pour un exil de dix ans. Le vote a lieu sans procédure nominative. Il s’agit de débarrasser la cité d’un citoyen qui se montre trop supérieur aux autres (Vernant 1972, p. 124-126). Les archontes sont dorénavant tirés au sort (cf. Meier 2004 p. 71). Ils continuent d’appartenir aux deux premières classes censitaires, les pentacosiomédimnes et les hippeis (cf. Lévy 1995, p. 203).

En 486 commence le règne de Xerxès 1er ou le grand (~519-486-465 av. J.-C.) sur l’empire perse. Avant d’envahir la Grèce, il doit d’abord soumettre l’Egypte et Babylone révoltées.

En 485 naît vraisemblablement Euripide (~485-~406).

En 484, Eschyle remporte sa première victoire au théâtre. Il sera souvent couronné par les Athéniens, preuve que son théâtre rencontrait les goûts de son public.

En 483, les Perses préparent une immense expédition contre la Grèce avec le projet cette fois de la conquérir. Ils peuvent compter sur de nombreuses cités grecques qu’ils dominent et sur Thèbes.

En 483/482 Thémistocle est archonte (cf. Mossé 1971, p. 33). On découvre les riches mines argentifères du Laurion. Thémistocle fait affecter les revenus à la construction de trières, c’est-à-dire de vaisseaux de combat.

En août 480, aux Thermopyles quelques six milles soldats grecs dont 300 Spartiates conduits par leur roi Léonidas 1er (~540-489-480) retardent l’avancée de l’armée perse. Cette armée grecque est défaite suite à la trahison d’un des siens. Les Perses occupent Athènes. Ils détruisent les sanctuaires de l’Acropole. Le 22 (ou 29) septembre, Eschyle prend part à la bataille navale de Salamine dirigée par Thémistocle qui voit la large victoire des Athéniens sur les Perses. Sa politique de construction de trières est gagnante. Au même moment selon Hérodote (Histoires, VIII, 95), Aristide (~550-~468/7 av. J.-C.), dit « le Juste », adversaire politique de Thémistocle, mais qui le seconda dans cette guerre, débarque avec des hoplites dans l’île de Psyttalie et massacrent les Perses qui s’y trouvent. Dans la version d’Eschyle qu’il donne dans Les Perses (v.447 et sq.), les Athéniens tuent en jetant pierres et flèches les Perses avant de les achever à l’arme blanche (cf. sur cette opposition, Vidal-Naquet 1986, p. 111). Au même moment, le tyran de Syracuse, Gélon ( ?-488-478), remporte une grande victoire contre les Carthaginois, alliés des Perses, à Himère. Les Grecs ont vaincu les Barbares est une des leçons qu’on tire de ces événements.

Au printemps 479, les Perses envahissent à nouveau l’Attique et Athènes. Mais ils sont de nouveau battus sur terre à Platées au mois d’août. Eschyle aurait participé à la bataille (Wartelle 1965, p.477). Il la fait prédire par l’ombre (Εἴδωλον Δαρείου) ou l’âme de Darios 1er dans Les Perses (v.817). Xerxès qui avait fui en Perse avait laissé le commandement à l’armée de terre à son cousin, Mardonios (qui n’apparaît pas dans Les Perses). Il y laissa la vie. Les Grecs détruisent le même jour selon Hérodote les restes de la flotte perse au cap Mycale.

En 478 est fondée la ligue de Délos, une alliance de cités sous la direction d’Athènes. Au début, elle comprend Samos, Chios, Lesbos, Délos, Thasos, Samothrace et les Cyclades, certaines cités de Chalcidique et de Propontide ainsi que Rhodes. Eschyle en cite certaines comme des possessions perses du temps de Darios 1er dans Les Perses (v.860-880) pour célébrer la puissance athénienne. Chaque cité lui verse une contribution dont le but est la lutte contre les Perses. Rapidement, cette contribution se transforme en une sorte de tribut dont Athènes use comme elle l’entend. C’est le début de l’empire athénien.

En 477/476, Phrynichos fait donner une tragédie sur le thème des guerres médiques, Les Phéniciennes, titre relatif au chœur de femmes phéniciennes, dont le chorège était Thémistocle, le vainqueur de Salamine selon Plutarque (~46-~125) dans sa Vie de Thémistocle ([5] (5) ; cf. Romilly 1980, p.68 ; Canfora 1994, p. 185-186 ; Vidal-Naquet 2002, p.18-19 ; Meier 2004, p. 86).

En 472, Les Perses obtiennent le premier prix aux Grandes Dionysies (cf. Meier 2004, p. 104). Cette tragédie était, selon un scholiaste, la seconde pièce après Phinée, et suivie de Glaukos de Potnies avec un Prométhée en drame satirique, trois pièces perdues. Le chorège est Périclès (~495-429 av. J.-C.) (cf. Vidal-Naquet 1986, p. 97). Eschyle se présente ainsi dans le camp des démocrates en ce point de sa carrière (Vidal-Naquet 2002, p. 18-19). C’est la seule tragédie sur un thème historique qui nous soit parvenue. La pièce d’Eschyle rend hommage aux spartiates et tait la trahison au profit des Perses de Thèbes (cf. Vidal-Naquet 2002, p. 21-22). Thémistocle est ostracisé (Meier 2004, p. 105). C’est un pro-spartiate, Cimon (~510-~449 av. J.-C.), le fils du vainqueur de Marathon, Miltiade, qui en est l’instigateur. Or, le premier vers des Perses est démarqué du premier vers des Phéniciennes de Phrynichos (cf. Vidal-Naquet 1986, p. 93 ; Canfora 1994, p. 187). Ce qui peut tendre à prouver qu’Eschyle soutenait Thémistocle (cf. Canfora 1994, p. 187).

En 471 Eschyle est en Grande Grèce (Sicile). Il est invité par le tyran de Syracuse, Hiéron 1er ( ?-478-466 av. J.-C.), successeur de son frère Gélon, qui avait participé à la bataille d’Himère qu’il présentait d’un point de vue idéologique comme une victoire du monde grec contre les barbares. Les Perses y sont joués (cf. Vidal-Naquet 1986, p. 93 ; Mossé 1984, p. 151). Est-ce exactement la même pièce ou une seconde version ? Laquelle alors serait la nôtre ? Questions insolubles, au moins pour l’instant ?

En 470 Eschyle voyage à nouveau en Grande Grèce. Il se rend dans la cité d’Etna à l’invitation du tyran de Syracuse, Hiéron, pour l’établissement de son fils, Deinoménès. Hiéron, qui avait fondé cette cité en 476/475, l’a donnée à son fils selon Pindare (518-~438 av. J.-C., Première Pythique) qui y prononce la Première Pythique en l’honneur du tyran (Romilly 1980, p. 67). Il y fait jouer les Etnéennes (ou Etna selon les sources), une pièce perdue, en l’honneur du fils de Hiéron (cf. Mossé 1984, p. 151).

En 469, sous la direction de Cimon, Athènes et ses alliés sont vainqueurs des Perses à l’Eurymédon.

En 468, Sophocle (~496-~406 av. J.-C.) obtient sa première victoire au théâtre contre Eschyle. On a pu y voir une décision politique car Cimon faisait partie des juges (cf. Canfora 1994, note 3 p. 191).

En 467, la tétralogie thébaine, dont fait partie Les Sept contre Thèbes, est couronnée. Le drame satyrique était intitulé La Sphinx. Le Prométhée enchaîné qu’on ne peut dater paraît postérieur au Sept. À la mort de Hiéron, son frère Thrasybule, élimine son neveu et prend le pouvoir.

En 466, les Syracusains se révoltent, contraignent Thrasybule à l’exil et mettent fin à la tyrannie (cf. Lévy 1995, p. 104). Les Athéniens condamnent par contumace Thémistocle pour haute trahison.

Xerxès meurt en 465.

En 464/463 Les Suppliantes sont représentées. Eschyle gagne le concours devant Sophocle, deuxième et Mésatos troisième d’après un papyrus publié en 1952 (cf. Canfora 1994, p. 195 ; Vidal-Naquet, 1986, p.98, soutient la date de 464 d’après le même document). Longtemps on a cru que c’était la pièce la plus ancienne d’Eschyle. Paul Mazon appuyait cette thèse sur des considérations dramaturgiques. Le chœur y joue un rôle essentiel. Cette “erreur” doit rendre prudent sur une prétendue évolution de la tragédie antique. La pièce paraît être la première d’une trilogie qui aurait comprise Les Egyptiens et Les Danaïdes. Le drame satyrique aurait été Amymone (une des Danaïdes) qui appartient à la même veine légendaire. C’est dans cette pièce que se trouve la plus ancienne conjonction entre les termes “démos” (peuple) et le verbe “kratein” qui signifie “exercer le pouvoir” d’où sortira le terme “démocratie” (v.604 Vidal-Naquet 2002, p.53 ; Mossé 1984, p. 155). Éphialtès ( ?-~461 av. J.-C.), attaque sans succès Cimon en justice. Il attaque également certains membres de l’Aréopage pour corruption et les fait condamner (cf. Meier 2004, p. 108).

En 462, Cimon obtient de l’assemblée d’emmener un fort contingent d’hoplites athéniens pour soutenir les Spartiates en butte à une révolte des hilotes (c’est-à-dire des esclaves) de Messénie suite à un tremblement de terre qui survint en 464. Les hilotes étaient retranchés au mont Ithome. Les Spartiates avaient besoin des Athéniens car ils ne possédaient pas l’art militaire du siège (cf. Meier 2004, p. 108).

En 462/1, Éphialtès, soutenu par Périclès, et en l’absence de Cimon, réduit les pouvoirs de l’Aréopage. Il est dessaisi de certaines fonctions : veiller sur les lois et sur l’État au profit de la Boulê, juger les crimes autres que de sang au profit de l’Héliée notamment. C’est la fondation de la démocratie à proprement parler (cf. Meier 2004, p. 36). Désormais, le peuple exerce bien la plénitude du pouvoir. Le destin d’Athènes dépendra maintenant de ses seules décisions.

En 461, de retour à Athènes, Cimon tente de revenir sur les mesures prises par Éphialtès pour diminuer le pouvoir de l’Aréopage. Non seulement il échoue, mais il est ostracisé. Mais Éphialtès est assassiné par un métèque pour le compte des oligarques (Canfora 1994, p. 193). Athènes s’allie à Argos contre Sparte (cf. Meier 2004, p. 127).

En 458, Eschyle gagne le concours avec l’Orestie (Agamemnon, Les Choéphores, Les Euménides). Dans la troisième pièce, les Érinyes étaient tellement effrayantes qu’il y aurait eu des évanouissements dans le public (cf. De Romilly 2006, p. 71-72). La tradition antique relève même des enfants qui moururent et des fœtus qui avortèrent (d’après La vie d’Eschyle, cf. Wartelle 1965, p.478 ; cf. également Palomar Perez 1988, p. 84). C’est la seule trilogie du théâtre antique qui nous a été conservée entière (cf. De Romilly 2006, p. 9). S’il est incontestable que la pièce se réfère à l’instauration de la véritable démocratie athénienne qui, en enlevant à l’aréopage son pouvoir et en faisant des seules assemblées populaires ou à la Boulê, son émanation, la seule source du pouvoir, il n’en paraît pas moins difficile d’en tirer argument pour faire d’Eschyle un partisan de la démocratie (cf. Vidal-Naquet 2002, p. 23-25). Eschyle se rend de nouveau en Sicile. Périclès fait construire les longs murs qui relient Athènes à son port, le Pirée, et qui longtemps protègeront la cité contre les attaques terrestres.

À la fin de sa vie il a dû faire jouer sa trilogie sur Prométhée dont il nous reste le premier, le Prométhée enchaîné. Βία, Bia (violence) et Κράτος, Kratos (pouvoir) y sont les envoyés du jeune Zeus dont le pouvoir est tyrannique. Malgré de nombreuses remises en cause, il n’y a pas d’arguments décisifs pour rejeter le témoignage de l’Antiquité qui en fait l’auteur (cf. Meier 2004, p. 174-175 ; contra Canfora 1994, p. 208-209).

En 457 les hoplites athéniens sont défaits par les Spartiates à la bataille de Tanagra. Par contre, ils sont vainqueurs de Thèbes et des Béotiens alliés de Sparte à la bataille de d’Œnophyta. L’archontat est ouvert aux zeugites (Mossé 1971, p. 46 ; Lévy 1995, p. 210).

En 456 (ou 455), Eschyle meurt à Géla en Sicile. Une légende veut qu’il ait été tué par un aigle qui prit son crane pour un rocher et y laissa tomber une tortue pour la briser. On la trouve dans La vie d’Eschyle (cf. Wartelle 1965, p.478). Elle est rapportée par le moraliste latin du début de notre ère Valère Maxime dans ses Faits et paroles mémorables (IX, 12) Pline l’ancien (23-79) dans son Histoire naturelle rapporte la même anecdote (X, 3, 2) avec une variante selon laquelle un oracle ayant prédit à Eschyle qu’il mourrait sous la chute d’une maison, il s’en était vainement prémuni en se mettant à l’air libre. La Fontaine (1621-1695) reprendra l’anecdote dans sa fable L’horoscope (Fables, VIII, 12).

Sur sa tombe étaient gravés ces mots :

« Ce mémorial renferme Eschyle fils d’Euphorion, Athénien, mort dans Géla riche en froment. Le Mède à longue chevelure et la baie célèbre de Marathon savent ce que furent sa valeur. » Texte cité par Vidal-Naquet, 1986, p. 98.

Selon Pausanias (Description de l’attique, I.14.5), c’est lui qui l’aurait choisi (cf. Battistini 2010). Se pose le problème de savoir pourquoi il a écarté la victoire de Salamine. Est-ce une ultime défiance à la démocratie s’il est vrai que Marathon est la victoire des hoplites alors que Salamine est celle du peuple ? (cf. Vidal-Naquet 2002, p. 19-21).

En 405 av. J.-C. Aristophane montre dans sa pièce Les Grenouilles, le Dieu Dionysos, descendant aux Enfers pour aller chercher le meilleur des poètes tragiques. Il oppose Eschyle à Euripide. Il donne la victoire à Eschyle et accable Euripide (cf. Vidal-Naquet 1986, p. 91).

 

Œuvres.

On estime entre 75 et 90 le nombre de pièces qu’Eschyle a écrites. Il fut 13 fois victorieux au concours de tragédies de son vivant. Il fut également victorieux après sa mort.

Pour chaque concours, l’auteur de tragédie devait proposer quatre pièces. Trois tragédies formant une trilogie et un drame satyrique appartenant au même groupe d’histoires (cf. De Romilly 2006, p. 9). Eschyle était réputé pour ses drames satyriques si on en croit le témoignage de Ménédème (iv-iii° siècle av. J.-C.) cité par Diogène Laërce dont il ne nous reste que des fragments, notamment 68 vers des Diktuoulkoi (« Les Pêcheurs au filet », publié en 1935 puis en 1941 (cf. Canfora 1994, p. 156-157).

Il nous reste sept tragédies complètes d’Eschyle, à savoir Les Perses ; Les Suppliantes qui passait pour la plus ancienne de ses tragédies conservées (comme on le voit dans l’édition de Paul Mazon, tome 1, p.3 ; contra De Romilly 2011, note 1 p. 56) ; Les Sept contre Thèbes ; Agamemnon, Les Choéphores, Les Euménides qui composent L’Orestie et le Prométhée enchaîné qui est, à tort, d’attribution discutée. Il aurait été la première pièce d’une trilogie dont les deux pièces suivantes s’intituleraient Prométhée délivré et Prométhée porte-feu.

Des pièces dont il nous reste des fragments, on peut citer une trilogie sur Ajax, Le jugement des armes, Les femmes de Thrace, Les femmes de Salamine ; la « Lycurgie » : Les Edônes, Les Bassarai (« Bacchantes de Thrace »), Les jeunes hommes avec un drame satyrique, Lycurgue. Des papyrus ont livré des fragments de tragédies, Niobé, Les Myrmidons, première pièce de la Trilogie d’Achille et les Diktuoulkoi, drame satyrique de la Trilogie de Persée (cf. Canfora 1994, p. 209).

Selon Porphyre, les Delphiens auraient demandé à Eschyle de donner un péan. Il aurait refusé parce que celui de Tynnichos était parfait (Traité de l’abstinence, II, 18 ; Sur Tynnichos, Platon, Ion, 534d).

 

Bibliographie.

 

Éditions d’Eschyle.

Eschyle, Les Suppliantes – Les Perses – Les Sept contre Thèbes – Prométhée enchaîné, …, texte établi et traduit par Paul Mazon, Les Belles Lettres, 1925.

Eschyle, AgamemnonLes ChoéphoresLes Euménides, texte établi et traduit par Paul Mazon, Les belles lettres, 1925.

Eschyle, Théâtre, traduction Émile Chambry, GF-Flammarion, 1964.

Eschyle, Tragédies, traduction Paul Mazon, préface de Pierre Vidal-Naquet, Gallimard, Folio, 1973.

Eschyle, Les Perses, présentation par Danielle Sonnier, traduction par Danelle Sonnier & Boris Donné, GF-Flammarion, 2000.

Eschyle, Les Perses, bilingue, texte établi et traduit par Paul Mazon, introduction et notes par Philippe Brunet, Les Belles Lettres, 2000.

Eschyle, L’Orestie, traduction et présentation de Daniel Loayza, GF-Flammarion, 2001.

 

Ouvrages divers.

Dictionnaire de l’Antiquité de l’université d’Oxford, Robert Laffont, Bouquins, 1993.

Encyclopédie Universalis.

Amouretti (Marie-Claire) et Ruzé (Françoise), Le monde grec antique, Hachette, 1978.

Cabanes (Pierre), Introduction à l’histoire de l’Antiquité, Armand Colin, 2008.

Canfora (Luciano), Histoire de la littérature grecque d’Homère à Aristote (1986, 1989), traduit de l’italien par Denise Fougous, Éd. Dejonquières, 1994.

De Romilly (Jacqueline), Précis de littérature grecque, P.U.F., 1980.

De Romilly (Jacqueline), raconte l’Orestie d’Eschyle, Bayard, 2006.

De Romilly (Jacqueline), La crainte et l’angoisse dans le théâtre d’Eschyle (1958), Les Belles Lettres, 2ème tirage, 2011.

Festugière (André-Jean), De l’essence de la tragédie grecque, Aubier Montaigne, 1969.

Lévy (Edmond), La Grèce au v° siècle de Clisthène à Socrate, Seuil, Points Histoire, 1995.

Loraux Nicole, La voix endeuillée. Essai sur la tragédie grecque, Gallimard, 1999.

Meier (Christian), De la tragédie grecque comme art politique (1988), traduit de l’allemand par Marielle Carlier, Les Belles Lettres, 2004.

Mossé (Claude), Histoire d’une démocratie : Athènes. Des origines à la conquête macédonienne, Seuil, Points Histoire, 1971.

Mossé (Claude), La Grèce archaïque d’Homère à Eschyle, Seuil, Points Histoire, 1984.

Palomar Perez (Natalia), « La figure du poète tragique dans la Grèce ancienne », traduit de l’espagnol par Dominique Blanc, chapitre II de l’ouvrage collectif Figures de l’intellectuel en Grèce ancienne, sous la direction de Nicole Loraux et Carles Miralles, Belin, 1988.

Poursat (Jean-Claude), La Grèce préclassique des origines à la fin du vi° siècle, Seuil, Points Histoire, 1995.

Saïd (Suzanne), Trédé (Monique) et Le Boulluec (Alain), Histoire de la littérature grecque, P.U.F., 1997.

Trédé-Boulmer (Monique) et Saïd (Suzanne), La littérature grecque d’Homère à Aristote, P.U.F., « Que sais-je ? », 2ème éd. 1992.

Vernant (Jean-Pierre) [1914-2007] et Vidal-Naquet (Pierre) [1930-2006], Mythe et tragédie en Grèce ancienne, Maspero, 1972.

Vernant (Jean-Pierre) et Vidal-Naquet (Pierre), Mythe et tragédie en Grèce ancienne II, Maspero, 1986.

Vidal-Naquet (Pierre), Le miroir brisé. Tragédie athénienne et politique, Les Belles Lettres, 2002.

 

Articles

Alaux (Jean), « Mimêsis et katharsis dans Les Perses », Les Belles lettres | L'information littéraire  2001/1 - Vol. 53 pages 3 à 13

(http://www.cairn.info/revue-l-information-litteraire-2001-1-page-3.htm)

Alaux (Jean), « Catharsis et réflexivité tragiques », in Gaia : revue interdisciplinaire sur la Grèce Archaïque, numéro 6, 2002, p.201-225.

(http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/gaia_1287-3349_2002_num_6_1_1390)

Battistini Olivier, « Les Trières de Salamine », Dialogues d’histoire ancienne, 2010/Supplément 4.1 S4.1, p. 77-86. (http://www.cairn.info/revue-dialogues-d-histoire-ancienne-2010-Supplément 4.1-page-77.htm)

Wartelle (Abbé André), « La Vie d’Eschyle », in Bulletin de l’Association Guillaume Budé : Lettres d’humanité, n°24, décembre 1965, p.477-482

(http://www.persee.fr/web/revues/homme/prescript/article/bude_1247-6862_1965_num_24_4_4227)

Il s’agit de la traduction de la « Vie d’Eschyle » selon le texte établi par Paul Mazon dans son édition des œuvres d’Eschyle. Ce texte se trouve dans le manuscrit M ou Mediceus qui daterait du X° siècle qui recueille ses œuvres. Le texte, tardif, ne peut être daté.

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