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Simmel "Philosophie de l'argent" ch III plan détaillé de la section II

Georg Simmel, Philosophie de l’argent, Troisième chapitre L’argent dans les séries téléologiques.

Plan détaillé de la Section II

 

L’édition utilisée est :

Georg Simmel, Philosophie de l’argent, traduit de l’allemand par Sabine Cornille et Philippe Ivernel, P.U.F., 1ère édition 1987, P.UF. « Quadrige », octobre 2008.

 

 

« La transformation psychologique des moyens en fins ; l’argent comme exemple le plus extrême. » (p.8)

(« Dans ce qui précède on a supposé une réalité du sentiment de valeur (…) que au-delà de toutes qualités et intensités. » pp.269-275)

1) L’expansion psychologique des qualités, quoiqu’irrationnelle, régit tous les domaines de l’esprit.

(« Dans ce qui précède (…) pourrait revendiquer sa part. » pp.269-270.

2) La série téléologique manifeste le plus rationnellement l’expansion psychologique des qualités.

(« De toutes les formes que prend (…) réalisation des moyens. » pp.270-274)

a) Différence entre la valeur absolue et la valeur relative qui peuvent être l’une et l’autre objective ou subjective et/ou entre le but final et le moyen. Équivalence entre valeur et finalité.

(« Mais en réalité l’expansion psychologique (…) pratico-volontaire une finalité. » pp.270-271)

b) La promotion du moyen à la dignité de la fin.

(« Or les énergies spirituelles (…) réalisation des moyens. » pp.271-274)

(1) Le but final a pour source la spontanéité de la volonté et les moyens, qui font le cheminement, s’en trouvent mis en lumière pour notre conscience.

(« Or, les énergies spirituelles (…) plus clairement conscients. » p.271)

(2) De la possibilité de la finalité inconsciente comme explication de la promotion des moyens.

(« Si délicate et imparfaite que soit la notion de « finalité inconsciente » (…) pratiques. » pp.271-273)

(3) De la nécessité de se concentrer sur le moyen plutôt que sur la fin ou la « métempsychose de la finalité ».

(« Il y a en outre une évidence (…) réalisation des moyens. » pp.273-274)

3) L’argent réalise au plus haut point la métempsychose de la finalité.

(« Nul besoin assurément de démonstration particulière (…) que au-delà de toutes qualités et intensités. » pp.274-275)

 

« Son caractère téléologique dépend des tendances culturelles des différentes époques. » (p.8)

(« Pour la conscience de la valeur, l’argent devient un absolu et ceci dans des proportions liées au grand tournant de l’intérêt économique de la production primitive à l’entreprise industrielle (…) une évolution également heureuse. » pp.275-283)

1) L’argent ne peut être un absolu que dans l’économie moderne tournée vers la production comme le montre négativement les économies tournées vers la consommation.

(« Pour la conscience de la valeur (…) valeur autonome. » pp.275-278)

a) Les économies anciennes, l’économie grecque notamment, est tournée vers la consommation. L’idéal de Platon est conforme à la cité notamment telle qu’elle est décrite par Aristote.

(« L’ère moderne et, par exemple, la Grèce classique (…) correspondant à l’esprit de l’époque. » pp.275-277)

b) La corrélation entre la pensée et l’économie des Grecs.

(« La prépondérance (…) valeur autonome. » pp.277-278)

2) L’argent est l’exemple par excellence d’un moyen qui devient fin car l’objectif final n’est qu’un horizon qui recule toujours : il n’y a de fin que relative, autrement dit toute fin peut être un moyen. L’argent prouve la relativité des fins.

(« La signification de l’argent (…) qu’elle illustre la thèse avec la rigueur d’un exemple d’école. » pp.278-280)

3) L’argent et Dieu.

(« Même s’il n’a jamais existé d’époque (…) une évolution également heureuse. » pp.280-283)

a) L’argent comme moyen absolu prend, surtout aux époques où les besoins primordiaux sont satisfaits et l’intérêt pour la religion est affaibli (exemples : aujourd’hui, les époques de décadence de la Grèce et de Rome), la place de valeur suprême.

(« Même s’il n’a jamais (…) revêtir leur forme. » pp.280-281)

b) Ce qui s’explique par le fait qu’il a les mêmes caractères que Dieu selon Nicolas de Cuse (1401-1464), à savoir de concilier les opposés.

(« Mais en réalité l’argent (…) reconvertir pour ainsi dire en lui. » p.281)

c) L’opinion sur les Juifs selon laquelle leur monothéisme les prédispose à l’argent confirme l’équation dieu = argent.

(« On a bien mis (…) d’intensifications de toutes les séries téléologiques. » pp.281-282)

d) La quête passionnée de l’argent n’est pas incompatible avec la sérénité religieuse car sa possession procure la quiétude.

(« La quête sauvage de l’argent (…) même, qui n’est pas le negotium mais ce en quoi il débouche. » p.282)

e) L’hostilité religieuse à l’argent, le refus au moyen âge du seul intérêt monétaire, s’expliquent justement par l’équation dieu = argent.

(« L’hostilité envers l’argent (…) dieu terrestre (Gelt ist auff erden der irdisch got) » pp.282-283)

f) L’argent est finalement le seul absolu dans la relativité universelle.

(« L’ensemble de ces points (…) une évolution également heureuse. » p.283)

 

« Conséquences psychologiques de la position téléologique de l’argent : cupidité, avarice, prodigalité, ascétisme, cynisme moderne, blasement. » (p.8)

(« Quand, pour un individu, le caractère de finalité de l’argent outrepasse ce degré d’intensité (…) je veux dire à ce qui est, tout bonnement, “excitant”. » pp.283-310)

1) La cupidité et l’avarice.

(« Quand, pour un individu, le caractère de finalité de l’argent outrepasse ce degré d’intensité (…) contraire à toute finalité. » pp.283-296)

a) Cupidité et avarice qualifient un dépassement du caractère normal d’une économie donnée et dépendent de conditions économiques qui s’opposent, haute pour la première basse pour la seconde, ce qui montre leur différence. Cupidité et avarice consistent dans la possession des choses en général.

(« Quand, pour un individu (…) décrire en prenant le détour suivant. » pp.283-284)

b) L’intérêt objectif qui se trouve dans la cupidité et l’avarice doit être distingué de l’opposition entre l’égoïsme et l’altruisme.

(« Il faut toujours rappeler (…) clôt la série téléologique. » pp.284-286)

c) La propriété terrienne manifeste cette valeur absolue qui achève la série téléologique (exemples : les propriétés de l’Église au xiv° siècle en Angleterre, au xvi° siècle en Espagne sous Philippe ii (1527-1556-1598) et dans l’État clérical du Tibet).

(« Cette transformation d’une valeur économique (…) universel, du principe éternel sur lequel l’Église s’est fondée. » pp.286-287)

d) L’argent a cette signification objective de faire descendre toutes les valeurs, économiques comme non économiques (sagesse, beauté, amour) dans les phénomènes pathologiques de la cupidité, où il est fin dernière, et de l’avarice, où il est en outre vénéré.

(« Ce développement des biens (…) constamment à surmonter par la conscience de sa possession. » pp.287-288)

e) Le pouvoir de l’argent.

(« Si donc son caractère de moyen (…) dans le refus de toute destination particulière. » pp.288-294)

(1) L’argent est un pouvoir au double sens du terme d’une capacité actuelle réellement posséder qui pour lui est presque nulle et d’une possibilité future qui pour lui est quasi absolue.

(« Si donc son caractère de moyen (…) certain de la réalisation de cet avenir. » pp.288-290)

(2) L’argent, à la différence de tous les autres moyens dont la possession peut décevoir ou ravir, est, s’il est pris pour fin, un pouvoir qui ne trompe jamais.

(« La certitude de la satisfaction (…) notre désir. » pp.290-291)

(3) L’argent comme pouvoir inquiétant dans les économies qui ne sont pas entièrement monétaires (exemples : le banquier indien, le patricien de Cologne, Césaire de Heisterbach ( ?) (~1180-~1250), les contes horribles sur les riches familles comme les Grimaldi, les Médicis, les Rothschild).

(« En outre, la puissance de l’argent (…) force démoniaque était en jeu. » pp.291-292

(4) L’avarice comme manifestation du pouvoir de l’argent et forme de la volonté de puissance qui en reste à la puissance pure.

(« Étant donné que la nature de ce « pouvoir » (…) le refus de toute destination particulière. » pp.292-294)

f) Des phénomènes distincts de l’avarice (les gens économes vis-à-vis des objets qu’ils conservent ou dont ils ont du mal à se dessaisir ou qu’ils consomment jusqu’au bout) qu’on confond et qui prouve la domination de l’argent sur nous.

(« Or il est un fait bien caractéristique (…) contraire à toute finalité. » pp.294-296)

2) La prodigalité. De sa proximité avec l’avarice cupide.

(« Je veux encore décrire comment la position de l’argent (…) prodigalité révèle sous la forme de l’écoulement et de l’expansion. » pp.296-302)

a) Comme l’avarice, elle est limitée lorsqu’il n’y a pas d’argent (l’exemple paradigmatique de la monnaie de cacao vantée par Saint [sic] Pierre Martyr [d’Anguiera] (1457-1526)).

(« Il faut remarquer ici que (…) d’absorption tant du sujet lui-même que d’autrui. » pp.296-297)

b) La dilapidation de l’argent a un sens spécifique, celui du pur plaisir de la dépense indépendamment des valeurs concrètes.

(« Ce qui compte ici (…) du gaspillage de toutes les valeurs plus définitives. » p.297)

c) La conséquence est que la prodigalité n’est possible que là où l’argent est réellement apprécié (exemples : le prince de Conti broie un diamant pour séduire une dame, les magasins aux prix élevés).

(« C’est pourquoi on observe (…) par la capacité d’absorption. » pp.297-298)

d) Comparaison de la prodigalité avec l’avarice cupide.

(« La même démesure caractérise précisément l’avarice cupide (…) prodigalité révèle sous la forme de l’écoulement et de l’expansion. » pp.297-302)

(1) Prodigalité et avarice n’ont pas de limites lorsqu’il s’agit de l’argent (exemples : les luttes pour les héritages ; les révoltes dans le Brunschvig en 1499 et en Chine ; plus grande fréquence des haussiers par rapport aux baissiers à la Bourse). La prodigalité est un peu moins abstraite que l’avarice.

(« La même démesure (…) simplement sous un autre signe. » pp.298-301)

(2) À la différence des biens qui sont soit nécessaires, soit luxueux, l’argent synthétise les deux : c’est ce que montre avarice et prodigalité.

(« Les deux types de signification de l’argent (…) prodigalité révèle sous la forme de l’écoulement et de l’expansion. » pp.301-302)

3) L’ascétisme.

(« Dans une autre direction que la prodigalité (…) sens de l’argent s’élève à la même forme d’absolu que lui. » pp.302-306)

a) La pauvreté comme fin absolue s’oppose à l’avarice et à la cupidité autrement que la prodigalité.

(« Dans une autre direction (…) résultat de séries téléologiques achevées. » p.302

b) La pauvreté n’est possible que dans l’économie monétaire.

(« Un peu comme les deux premières (…) vêtements qu’avec de l’argent. » pp.302-303)

c) Pour l’idéal moral de la pauvreté l’argent est le mal en soi.

(« Dès que la pauvreté apparaît comme idéal moral (…) sens de l’argent s’élève à la même forme d’absolu que lui. » pp.303-306)

(1) L’idéal de la pauvreté entraîne d’abord une indifférence à l’argent (ex : différence entre le communisme primitif chrétien ascétique et le communisme moderne qui valorise la richesse).

(« Tout d’abord la simple indifférence (…) peut facilement se transformer en véritable haine envers l’argent. » pp.303-304)

(2) L’idéal de la pauvreté implique une haine de l’argent équivalent du diable qui implique un refus du contact avec lui (exemples : les moines bouddhistes, les franciscains) qui conduit à l’absolutisé.

(« Ici, deuxièmement, la séduction de l’argent (…) sens de l’argent s’élève à la même forme d’absolu que lui. » pp.304-306)

4) Le cynisme moderne.

(« Je vais clore le cycle de ces phénomènes (…) la subjectivité cynique. » pp.306-308)

a) Cynisme et blasement comme revers de l’avarice et de la prodigalité en tant qu’ils impliquent l’abaissement de toutes les valeurs anciennes à cause de la nouvelle valeur de l’argent.

(« Je vais clore (…) l’argent, mais de la réalité même des valeurs. » p.306)

b) Différence entre le cynisme antique et le cynisme moderne. Opposition du cynique moderne à l’enthousiasme sanguin : il rabaisse toutes les valeurs, y compris celle de la liberté morale.

(« Si peu que ce que ce que nous appelons cynisme (…) valeurs. » pp.306-307)

c) L’argent comme instrument privilégié du cynisme qui convertit en prix du marché toutes les valeurs.

(« Rien ne peut mieux flatter cette mentalité (…) la subjectivité cynique. » pp. 307-308)

5) Le blasement.

(« L’autre signification du nivellement (…) maintenant à ces objets, une attention tout à fait remarquable. » pp.308-309)

a) Le blasement, à la différence du cynisme, est l’absence de jouissance due à la dévaluation absolue des valeurs.

(« L’autre signification (…) nécessairement devenir blasé. » p.308)

b) Le blasement ne s’explique pas seulement par des jouissances épuisantes mais aussi par la facilité de l’acquisition.

(« En règle générale, des jouissances (…) chemin détermine aussi le but. » pp.308-309)

c) La conséquence en est que l’argent rend possible le blasement par la facilité qu’il introduit.

(« C’est pourquoi l’acquisition des objets par l’argent (…) maintenant à ces objets, une attention tout à fait remarquable. » p.309)

6) Conclusion sur le cynisme et le blasement. Leur proximité implique qu’il varie en fonction du tempérament, soit le plaisir de la dévaluation de toutes les valeurs pour le cynique constitue son excitant, soit un excitant quelconque est nécessaire pour le blasé qui ne se satisfait pas de la dévaluation de toutes les valeurs.

(« Ainsi le cynisme et le blasement (…) tout bonnement « excitant ». » pp.309-310)