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Méthode - L'épreuve orale

Carmontelle Louis (1717-1806), "Voltaire et Madame du Châtelet", (entre 1747 et 1750).

Carmontelle Louis (1717-1806), "Voltaire et Madame du Châtelet", (entre 1747 et 1750).

A. Le temps de préparation.

Le temps de préparation est de 30 minutes. Il doit être pleinement utilisé sans délai. Il est donc nécessaire de préparer au fur et à mesure les différents moments de l’exposé simultanément. Il ne faut noter sur son brouillon que les points principaux qui seront développés oralement. Il est impossible et interdit de lire un texte rédigé.

L’épreuve dure 30 minutes qui se répartissent de la façon suivante :

Analyse et commentaire : environ 20 minutes à la charge du candidat.

‑ Un entretien d’environ 10 minutes : l’examinateur a l’initiative de la parole.

Le temps de l’analyse et du commentaire se répartit de la façon suivante :

Analyse : environ 5 minutes, 7 au maximum.

Commentaire : environ 15 minutes, 13 au minimum.

À chaque phase de l’épreuve, le candidat occupe une situation particulière :

objective avec l’analyse,

subjective avec le commentaire et

relationnelle avec l’entretien.

Le temps imparti au candidat, à savoir 20 minutes, doit être utilisé. En tout état de cause, une prestation de moins de dix minutes a toutes les chances d’être nettement insuffisante. En outre, en laissant à l’examinateur l’initiative, on s’expose à des questions nombreuses et gênantes.

 

B. L’épreuve.

1) L’analyse.

Elle doit être précédée d’un préambule général, c’est-à-dire de remarques qui amènent à la présentation du thème central du texte en tenant compte de l’auteur. Par thème du texte, il faut entendre la question à laquelle le texte tente de répondre. Éventuellement, vous pouvez annoncer le plan du texte.

Il ne faut surtout pas commencer en disant : « je vais faire l’analyse ».

L’analyse, à ne pas confondre avec le résumé, doit recourir à la troisième personne, au style indirect. Vous devez donc montrer que c’est vous qui parlez du texte. Vous ne devez pas vous mettre à la place de l’auteur.

L’analyse doit mettre en valeur les procédés d’énonciation utilisés par l’auteur, par exemple l’ironie, en reformulant l’implicite et l’explicite du texte. Il importe de nommer les différents moments de l’argumentation de l’auteur (affirmation ou négation, hypothèse, objection, réfutation, concession, opposition, cause et conséquence, déduction ou induction, illustration d’une thèse...). Les “figures” (métaphore, comparaison, métonymie, question rhétorique, etc.) doivent être invoquées pour la compréhension de l’argumentation.

Il faut surtout distinguer ce que soutient l’auteur de ce qu’il rapporte et/ou conteste.

C’est dans le même mouvement que l’analyse doit dégager les étapes de l’argumentation tout en reformulant le contenu du texte. Elle doit donc être linéaire, c’est-à-dire suivre l’ordre d’exposition des idées qu’il ne faut pas changer. Vous pouvez écrire à gauche de votre feuille les moments de l’argumentation (thèse, argument, réfutation, etc.) et à droite les contenus reformulés.

L’analyse doit être objective. Vous ne devez ni prendre parti, ni porter de jugement de valeur, ni expliquer, ni commenter au sens d’apporter des informations extérieures au texte, encore moins disserter. Vous devez à la fois vous effacer derrière la thèse de l’auteur et conserver le recul critique qui permet de comprendre et donc d’exposer l’enjeu du texte.

Enfin, l’analyse doit être exhaustive. Vous ne devez négliger aucune partie du texte.

L’analyse doit se conclure par un rappel de la thèse de l’auteur et par les réflexions personnelles qui amènent le thème du commentaire. C’est déjà commencer celui-ci.

Autrement dit, si les deux moments doivent être distingués, ce n’est pas en annonçant : « Je vais passer au commentaire » ou « j’ai fini mon analyse » ou encore « voilà ! ». Recourez au style direct, voire faites un usage modéré du “je”.

 

2) Le commentaire.

Il ne s’agit ni de refaire l’analyse comme le comprennent à tort les candidats, ni d’apporter des éléments d’information extérieurs au texte pour l’éclairer.

Il s’agit d’une dissertation orale. Trois moments sont donc nécessaires comme pour toute dissertation.

 

a) L’introduction.

Le thème du commentaire doit être amené et être le plus proche possible du thème du texte. Aussi est-il nécessaire de discuter non pas d’une idée annexe mais de l’essentiel.

Pour cela, il est préférable de poser un problème à propos de ce que soutient l’auteur, c’est-à-dire de soulever une difficulté qui va justement être la matière du commentaire, soit le problème qui va être résolu.

À l’oral, il est impératif d’annoncer le plan qui va être suivi.

 

b) Le développement.

Comme pour la dissertation, il faut faire progresser une analyse personnelle (c’est la situation subjective). Elle ne doit ni être désordonnée, ni s’en tenir à un « oui - non », ni à la formelle opposition entre les avantages et les inconvénients et encore moins à un prétendu juste milieu. Un plan en trois parties est presque toujours préférable, qu’il soit dialectique, progressif, etc.

Si le thème du texte ne doit pas être oublié, si la thèse de l’auteur doit rester présente, si le texte ne doit pas être oublié, il faut faire appel à sa culture. Il faut faire appel à sa réflexion pour trouver de nouveaux arguments, qu’ils soient en “pour” ou en “contre”. La situation subjective ne veut pas dire que le candidat s’épanche ou se livre à une profession de foi non argumentée.

Il ne faut surtout pas répéter l’analyse.

Il ne faut pas non plus garder un morceau de texte à analyser en guise de commentaire.

 

c) La conclusion.

Elle doit rappeler les étapes essentielles de l’argumentation et proposer une thèse claire, celle du candidat qui est toujours en situation subjective.

Ne pas finir par « voilà ! ».

Tout commentaire qui ne contient pas ses trois moments est nécessairement insuffisant.

 

3) L’entretien.

Le candidat doit montrer qu’il sait écouter les questions posées. C’est la situation relationnelle.

L’exercice peut permettre de préciser ou de rectifier ce qui n’a pas été suffisant dans l’analyse et/ou dans le commentaire. À cette occasion, des questions peuvent porter sur des définitions des mots du texte.

Il permet également de tester le candidat sur ses capacités d’improvisation.

Enfin, il doit lui permettre de montrer sa culture générale. Les questions peuvent donc être littéraires, philosophiques, historiques, géographiques, scientifiques au sens large (y compris l’histoire des sciences).